Libye: Tripoli mise sur un affaiblissement des soutiens à Haftar

Des membres des forces liées au gouvernement d'union nationale font feu à Ain Zara, dans le sud-est de Tripoli, le 20 avril 2019.
© REUTERS/Hani Amara

L'autoproclamée Armée nationale arabe libyenne a annoncé l'arrivée imminente de troupes venues de leur base à l'est du pays pour accélérer la prise de Tripoli. À l'origine de l'offensive, Khalifa Haftar voulait s'appuyer sur les combattants des villes entourant la capitale et acquis à sa cause. Une stratégie qui a échoué au vu de la stabilisation des zones de combat depuis plusieurs jours. Conscients du danger de l'arrivée de forces fraîches, les responsables pro-gouvernement de Tripoli tentent de convaincre les villes voisines de se retirer des affrontements comme c'est le cas sur la stratégique ligne de front du sud-est.

Les forces du gouvernement de Tripoli s'attendent à ce que les éventuels renforts de Khalifa Haftar s'amassent sur le front sud-est, le premier sur leur route.

Pour éviter un déséquilibre des forces, les responsables militaires fidèles au gouvernement de Tripoli sont entrés en contact avec les dirigeants de la ville de Tarhouna, à 80 km au sud du front, et dont les brigades constituent les principales forces de Haftar.

Ces derniers accepteraient de déposer les armes et de ne plus attaquer Tripoli et ses alliés à condition que leurs combattants ne soient pas faits prisonniers, qu'ils n'aient pas à s'excuser publiquement et qu'aucune brigade d'autres villes n’entre dans Tarhouna. Des conditions inacceptables pour Mohamed Ali Salem, le commandant d'une unité pro-Tripoli. Pour lui, pas question de laisser filer les combattants ennemis et de ne pas contrôler les accès à Tarhouna afin d'éviter une nouvelle attaque.

Mais l’enjeu pourrait avoir raison de ces réticences des militaires. Le front sud-est est un verrou stratégique : si les forces de Haftar le font sauter, ils auront une ligne directe de ravitaillement entre leur base à l'est et Tripoli ; dans le cas inverse, elles devront faire un détour encore plus important pour approcher la capitale.


► Des leaders africains demandent « l'arrêt immédiat » des combats

La troïka africaine sur la Libye a appelé, mardi 23 avril, à un cessez-le-feu immédiat. Les présidents d’Afrique du Sud, du Rwanda et du Congo-Brazzaville étaient réunis au Caire pour un sommet urgent convoqué par le chef de l’État égyptien en sa qualité de président de l’Union africaine.

Avec notre correspondant au CaireAlexandre Buccianti

Le communiqué final appelle toutes les parties à faire preuve de retenue, à veiller à la sauvegarde des civils et à faciliter l’arrivée de l’aide humanitaire à toutes les régions du pays. Il a aussi demandé à l’envoyé spécial des Nations unies d’intensifier ses consultations avec toutes les parties libyennes sans exception.

Le communiqué africain invite aussi la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour empêcher l’envoi d’armes, de combattants et de terroristes en Libye et de stopper toute forme d’ingérence étrangère voulant transformer la Libye en zone de combat par procuration.

Lors des discussions, l’Égypte avait évoqué la nécessité de permettre à l’armée et à la police de préserver la sécurité et l’intégrité libyenne en mettant un terme au terrorisme et au désordre des milices armées.

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