Madagascar: l'annonce d'un référendum constitutionnel fait réagir Ravalomanana

Marc Ravalomanana et plusieurs responsables de son parti, le TIM, lundi 22 avril 2019 lors d'une conférence de presse chez lui, à Antananarivo.
© RFI/Laetitia BEZAIN

Les Malgaches sont appelés à se prononcer sur la révision de la Constitution lors d’un référendum le 27 mai. Une annonce qui n’en finit pas de faire réagir. Lundi 22 avril, c’est l’ancien président et chef du parti d’opposition TIM, Marc Ravalomanana, qui s’est exprimé lors d’une conférence de presse à son domicile.

Pris de court par cette annonce de révision de la Constitution pendant le week-end de Pâques et du référendum qui en découle, l’ancien président et actuel chef de l’opposition Marc Ravalomanana a rassemblé tous les responsables de son parti pour une conférence de presse lundi à son domicile d’Antananarivo.

« Ce que nous nous sommes demandé, c’est : est-ce qu’il respecte la Constitution ? Parce que quand le président prête serment, la première phrase qu’il dit c’est qu’il va respecter la Constitution. Pourquoi ils ne suivent pas les procédures ? Il faut attendre un ou deux mois après la mise en place de l’Assemblée nationale pour convoquer les électeurs à ce référendum, a-t-il souligné. (…) J’ai aussi appelé les représentants des autres pays ici, notamment l’Union européenne et l’Union africaine. Ils m’ont répondu que ce référendum est comme tombé du ciel et que ce n’est pas prévu dans le programme des élections qui arrivent. »

La communauté internationale finance une grande partie des élections. Pour le parti TIM, les autorités ne respectent pas la Constitution en appelant à ce référendum puisqu’elle exige que le projet de loi doive d’abord être approuvé par les trois quarts des membres du Parlement. Mais Madagascar n’a plus de chambre basse. Le mandat des députés a expiré le 5 février. Ils ont donné le pouvoir de légiférer par ordonnance au président de la République Andry Rajoelina.

Marc Ravalomanana regrette aussi l’absence de concertation avant la rédaction de ce projet de loi visant à modifier la Constitution, et qui prévoit notamment la suppression du Sénat.

« Pour le financement de l’élection, vous savez qu’il y a la participation de l’Union européenne, des États-Unis, des Japonais, de l’Union africaine, etc. Donc il faut un échange entre toutes les parties prenantes et les partis politiques avant de prendre une telle décision, estime-t-il. Modifier la Constitution, ce n’est pas comme corriger une faute dans une lettre ! S’il veut passer en force, il verra les conséquences. Voilà ce que je vous dis. Il ne faut pas oublier que le pouvoir n’appartient jamais aux dirigeants, il appartient au peuple. S’il tente de passer en force, il piétine la Constitution et ce n’est pas moi qui répondrai à ça, mais le peuple. »

Pour l’heure, le texte du projet de loi de révision de la Constitution n’a pas été publié.

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