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Bénin: la crise politique sous le crayon d'Evariste Amouzouvi Folly

Le président du Bénin Patrice Talon le 10 avril 2017 à Abidjan (Côte d'Ivoire).
© Sia KAMBOU / AFP

Le 28 avril, les Béninois éliront leurs députés. Mais le pays d'Afrique de l'Ouest, considéré depuis 1990 comme un modèle de démocratie en Afrique, traverse une crise politique inquiétante : pour la première fois depuis 30 ans, l'opposition ne participera pas au scrutin.

Les élections législatives, c’est dimanche au Bénin. Un scrutin où ne s’affrontent que deux partis issus de la mouvance présidentielle : le Bloc républicain et l’Union progressiste. Toutes les autres listes ont été invalidées par la commission électorale.

Une mission d'observation de l’Union africaine est arrivée à Cotonou. L’UA constate que « ces élections interviennent dans un contexte marqué par une rupture du consensus sur lequel repose la démocratie béninoise ». Sur les réseaux sociaux, cette situation, inédite dans un pays considéré comme un modèle de démocratie en Afrique, est prétexte aux moqueries. Mais faut-il vraiment en rire ?

« Le dilemme de Talon »

Le célèbre caricaturiste Evariste Amouzouvi Folly, surnommé « le Plantu béninois », propose dans ses oeuvres un regard sur la crise. Son dernier dessin montre le président Patrice Talon, manifestement embarrassé, devant un personnage qui brandit deux pancartes : « Votez Union progressiste » ou « Votez Bloc républicain ». « Quand on vote, on ne choisit pas deux partis en même temps, explique Evariste Amouzouvi Folly. On vote pour un parti. Le chef de l’État a deux partis qui le soutiennent. Alors avec quel parti ira son choix ? C’est peut-être une question à creuser. C’est pour ça que le titre est “le dilemme de Talon” ».

Evariste Amouzouvi Folly, «Le dilemme de Talon» (avril 2019) © Evariste Amouzouvi Folly

Le dessinateur se décrit comme un homme à l’écoute. Et il aime observer, dit-il : « Nous sommes dans une situation inédite. On va aux élections sans les partis d’opposition. C’est évident, la situation est grave. Et cela nous amène à avoir peur pour notre démocratie. Moi, franchement, je suis inquiet et ça ne me fait pas vraiment rire. Maintenant, je pense que c’est en ce moment qu’il ne faut pas perdre son sens de l’humour, qu’il faut se détendre et avoir du recul. Et la meilleure manière de vivre en toute circonstance, c’est de pouvoir rire des choses graves, des choses dites graves. »

Le prochain dessin d’Evariste Amouzouvi Folly s’intitule « La démocratie prise en otage », à découvrir très bientôt sur son compte Twitter.

►À lire aussi : Législatives au Bénin: dernière semaine de campagne sur fond d’inquiétude

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