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Cameroun

Cameroun: l'opposant John Fru Ndi a été libéré, après un bref enlèvement

Le leader du SDF John Fru Ndi, à Bamenda, le 22 février 2018, où il a annoncé qu'il ne participerait pas à l'élection présidentielle.
© Reinnier KAZE / AFP

John Fru Ndi, le président du parti d'opposition camerounaise SDF (Social Democratic Front), a finalement été libéré samedi 27 avril à 18h30, selon un communiqué du parti diffusé par son porte-parole. Plus tôt dans la journée, le SDF avait annoncé son enlèvement par des inconnus à Kumbo, dans la province anglophone du Nord-Ouest.

Le moins que l'on puisse dire, c'est que cette journée de samedi a été marquée au Cameroun par une foule d’informations contradictoires sur le président du SDF, dont on a appris qu’il avait été enlevé dans l’après-midi par des hommes armés quelques heures plus tôt, à Kumbo, dans le département du Bui, dans le Nord-Ouest, alors qu’il était à la tête d’un cortège qui accompagnait la dépouille d’un député de son parti.

Jean-Robert Wafo, porte-parole du SDF, avait confirmé sur RFI l'enlèvement de John Fru Ndi.

Jean-Robert Wafo, porte-parole du SDF
27-04-2019
l'ont enlevé ce matin par des ravisseurs

Joint par RFI, Joshua Osih avait indiqué avoir brièvement discuté au téléphone dans la journée avec John Fru Ndi, encore aux mains de ses ravisseurs, sans donner de détails sur cet enlèvement.

Deux ou trois heures à peine après que cette information a commencé à se répandre, sur les réseaux sociaux notamment, des sources, autant à Kumbo qu’à Bamenda où il réside, ont annoncé sa libération. En l’occurrence, l’ancien candidat à l’élection présidentielle, l’avocat Akere Muna, ou encore des activistes ambazoniens. Une vidéo où l'on peut apercevoir John Fru Ndi dans ce qui s’apparente à un lieu de deuil a même été diffusée, comme pour attester de sa libération effective.

Mais un communiqué très officiel du SDF est venu démentir cette version. Ledit communiqué précisait que le leader du SDF était toujours en captivité et que la situation se tendait dans toute la région. Enfin, peu de temps après, un troisième communiqué a confirmé que son président avait effectivement été relâché, sans néanmoins donner plus de précisions sur les conditions de sa libération.

Selon Joshua Osih, premier vice-président du SDF, les ravisseurs étaient au nombre de cinq. Ils ont gardé Ni John Fru Ndi et quatre de ses accompagnateurs captifs pendants plus de six heures. Durant ce temps de captivité, le groupuscule, manifestement pro-séparatistes, a tenté de le rallier à sa cause. Il lui a ainsi été demandé d'enregistrer une déclaration aux bénéfices des indépendantistes et d'appeler à la démission des élus SDF, les députés et sénateurs anglophones qui siègent au Parlement entre autres. A ces différentes sollicitations, le leader du SDF a opposé une fin de non-recevoir, indiquant à ses interlocuteurs que le SDF avait besoin de ces tribunes institutionnelles pour porter et plaider la cause anglophone au niveau national.

Nous allons avoir plus d'informations sur ce qui s'est passé, de quelle obédience est ce groupuscule, mais il ne voulait pas de rançon, selon les informations que j'ai.

Joshua Osih, secrétaire général du SDF
28-04-2019 - Par Pierre Firtion

Pour Joshua Osih, difficile d'assurer que les ravisseurs de John Fru Ndi étaient des sécessionnistes. « Quand les gens se présentent comme des sécessionnistes, c'est très souvent des milices du gouvernement en place, donc on ne peut pas encore le dire avec certitude », estime-t-il.

Challenger attittré de Paul Biya

Anglophone originaire de Bamenda, John Fru Ndi est depuis plus de deux décennies la principale figure de l’opposition camerounaise, challenger attitré de Paul Biya lors des différentes élections présidentielles depuis le retour au multipartisme en 1990, année où il crée son parti politique, le SDF.

En 2018 néanmoins, il a passé la main à l’un de ses lieutenants pour la dernière élection présidentielle d’octobre dernier, le député Joshua Osih, mais il reste à ce jour le président de ce parti politique historique qui se revendique à travers sa représentation dans les conseils municipaux, à l’Assemblée nationale et au Sénat, comme la deuxième force politique du pays après le RDPC.

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