Bénin: tensions autour du domicile de Boni Yayi

De jeunes manifestants ont dressé des barricades faites de pneus en feu ou de planches de bois dans le quartier de Cadjehoun, où se situe la résidence de l'ancien président Boni Yayi (2006-2016), à Cotonou, le 1er mai 2019.
© Yanick Folly / AFP

Le 1er mai a été chaud à Cotonou où les proches de Boni Yayi ont annoncé dans l'après-midi que la police avait encerclé la maison de l'ancien président. Le bruit se répand que l'on est venu l'arrêter, selon ses partisans. Les autorités démentent catégoriquement. Mais la journée a été émaillée d'incidents.

Que s'est-il passé mercredi après-midi devant le domicile de l'ancien président Boni Yayi, dans le quartier Cadjehoun à Cotonou ? Selon ses partisans, vers 15h, sa maison s'est retrouvée encerclée par les forces de l'ordre.

Lundi déjà, le ton était monté avec l’ultimatum des deux chefs d'Etat qui demandaient au gouvernement de suspendre le processus électoral. Le camp Talon avait répliqué d’abord par la voix de trois anciens présidents de l’Assemblée nationale, puis par les ténors du Bloc républicains, un des partis de la mouvance ayant participé aux législatives. L’ultimatum a expiré, mardi, la nuit de la proclamation des résultats. L'ex-président Nicéphore Soglo avait invité toute l’opposition à son domicile ce 1er mai pour un nouveau mot d’ordre.

Mais selon ses confidences, Boni Yayi n’a pas pu venir. Il a dépêché son garde du corps pour dire à ses camarades de lutte que sa maison était encerclée.
Tous l’ont rejoint à son domicile, leurs militants aussi. La suite sera une série d'incidents, la population faisant rapidement barrage en allumant des feux de pneus et en jetant des pierres sur la police qui répond par des tirs de gaz lacrymogène.

Selon ses proches, les forces de l'ordre étaient là pour l'arrêter. Tigri Alassane, le 4e secrétaire général des Forces Cauris pour un Bénin émergent était présent sur les lieux et joint par RFI mercredi après-midi, il raconte :

On a été alertés que la police républicaine avait encerclé le domicile du président Yayi. La population ainsi que l’opposition sont venues le protéger.

Tigri Alassane, le 4e secrétaire général des Forces Cauris pour un Bénin Emergent
01-05-2019
Les forces de l'ordre se dirigent vers les barrages élevés sur la rue. © Carine Frenk/RFI

Les autorités affirment qu'il n'y a jamais eu l'intention d'arrêter l'ex-président

Le directeur général de la police républicaine, général Nazaire Hounnonkpè, a déclaré à RFI qu'il n'y avait pas de projet d'arrestation de Boni Yayi : « Son domicile n’est pas encerclé et il n’y a aucune possibilité de l’arrêter. Nous sommes là pour préserver l’ordre. Les badauds ont pris la voie à hauteur de Cadjehoun, on a eu l’information. Des éléments sont descendus pour les disperser. Ça n’a rien à voir avec sa personne. On n’a jamais reçu quoi que ce soit comme instruction pour l’interpeller ».

« Quand il y a une menace, il faut vraiment mettre un dispositif. On ne veut pas l’arrêter et il n’y a aucun projet d’interpellation en ce qui le concerne. Comme ils ont commencé par lancer des cailloux  aux agents, vous voyez, ils sont venus en renfort. Que l’opinion publique nationale et internationale sache qu’il n’y a aucun projet d’arrestation de l’ancien président Boni Yayi. Les voix les plus autorisées vont l’appeler pour le lui dire pour qu’il soit rassuré », affirme-t-il.  

Le général Nazaire Hounnonkpè dément formellement toute intention d'arrêter Boni Yayi
01-05-2019

Le ministre de l'Intérieur a dit la même chose aux journalistes. L'avocat de Boni Yayi dit ne pas y croire. Maître Renaud Agbodjo raconte que c'est vers 10h mercredi matin que son garde du corps et les voisins ont constaté une présence policière autour du domicile de l'ancien président. Et il ajoute qu'il « s'agit d'une tentative d'enlèvement par surprise ».

Dans la soirée, l’avocat de Boni Yayi a signalé deux blessés par balle. Joint par RFI, le ministre de l'Intérieur dément l’utilisation de balles réelles par la police et annonce lui un blessé à la main.

Nous avons des grenades lacrymogènes, notre police n'a pas fait usage d'armes.

Sacca Lafia, ministre de l'Intérieur béninois
02-05-2019 - Par Liza Fabbian
Face à face entre forces de l'ordre et manifestants dans le quartier Cadjèhoun, autour de la résidence de l'ex-président Boni Yayi, à Cotonou, le 29 avril 2019. © RFI/Carine Frenk

 

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