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Bénin

Législatives au Bénin: la Commission électorale confirme la faible participation

Un bureau de vote à Cotonou, le jour du scrutin, le 28 avril 2019.
© Yanick Folly / AFP

La Commission électorale nationale autonome (Cena) a dévoilé mardi soir 30 avril les premières grandes tendances des élections législatives, marquées comme annoncé par une forte abstention.

Convoquée à 16h au siège de la Commission électorale nationale autonome béninoise, la presse a dû attendre minuit, mardi soir, avant de voir Emmanuel Tiando, le président de la Cena, s’installer devant les micros et annoncer le nombre d’inscrits, de suffrages exprimés et le chiffre que tout le monde attendait, celui de la participation aux élections législatives de dimanche dernier : 22,99%.

À titre de comparaison, aux législatives de 2015, la participation s’était élevée à 66%. « Il est à noter que dans 39 arrondissements, le vote n’a pu se tenir en raison d’un certain nombre d’incidents », a précisé le président de la Commission électorale.

L’intervention d’Emmanuel Tiando a duré sept minutes. Les tendances n’ont pas été publiées circonscription par circonscription. On ne connaît donc pas les taux de participation des grandes villes comme Cotonou, Porto Novo ou Parakou.

Côté résultats, sur 86% de bulletins dépouillés, l’Union progressiste arrive en tête avec probablement 47 sièges devant le Bloc républicain qui obtiendrait probablement 36 sièges. Pour rappel, ces deux partis sont proches du chef de l’État Patrice Talon, les partis d’opposition n’ayant pas été autorisés à se présenter.

Emmanuel Tiando a évoqué une élection spéciale, avant d’ajouter : « L’histoire de toute nation est souvent jalonnée d’obstacles dont elle tire les leçons pour avancer sur le long chemin de sa construction et de son épanouissement. »

La Cour constitutionnelle doit proclamer les résultats provisoires d’abord, définitifs ensuite, après l’examen des litiges éventuels.

Trois ex-présidents de l'Assemblée montent au créneau

Lundi, au lendemain de la journée de vote, les ex-présidents du Bénin Boni Yayi et Nicéphore Soglo, avaient lancé un ultimatum au chef de l'État, lui demandant d'arrêter le processus électoral.

En réponse, ce sont trois anciens présidents de l'Assemblée nationale qui ont pris la parole mardi devant la presse dans un grand hôtel de Cotonou. « Avec des appels de ce genre, les risques d'aventure sont grands », regrettent Mathurin Nago, Idji Kolawolé et Bruno Amoussou, qui appartiennent tous à la majorité. Ils demandent aux anciens chefs d'Etat de rester dans leur rôle de rassembleurs.

Je ne pense pas que la menace soit la meilleure arme pour amener au consensus ; je ne pense pas que les ultimatums soient les meilleures choses à faire pour trouver un accord. (...) Que les anciens chefs d’État jouent leur rôle de pacification de la situation, qu'ils jouent le rôle de rassemblement des forces politiques pour que des solutions soient soient trouvées.

Bruno Amoussou, ancien président de l'Assemblée nationale béninoise
01-05-2019 - Par Jean-Luc Aplogan

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