Soudan: le précieux soutien de la diaspora à la contestation

Manifestation en face des locaux du ministère de la Défense à Khartoum, le 1er mai 2019.
© REUTERS/Umit Bektas

Alors que les négociations entre militaires et civils pour un Conseil conjoint sont dans l'impasse, l'Union africaine a lancé un nouvel ultimatum au Conseil militaire au pouvoir. Pendant ce temps, la mobilisation continue à Khartoum et le mouvement bénéficie du soutien de la diaspora.

L’Union africaine a fixé un nouvel ultimatum de 60 jours au Conseil militaire qui dirige le Soudan depuis la chute d’Omar el-Béchir pour transférer le pouvoir aux civils. Un premier délai de 15 jours avait déjà été fixé, mais les négociations entre militaires et les civils pour composer un Conseil conjoint qui gouvernera le pays sont dans l’impasse. Les manifestants, eux, n’abandonnent pas et continuent d’occuper la place qui fait face au quartier général de l’armée.

Au cœur du sit-in, une tente sur laquelle une banderole annonce : les Soudanais d’Australie soutiennent la révolution. Le frère d’Ahmed vit là-bas et finance le mouvement. « On a reçu de l’argent d’Australie, envoyé par de nombreuses personnes, rapporte Ahmed. On est responsable de ces financements pour le bénéfice des manifestants. On achète notamment de la nourriture, de l’eau et des sodas. Pour le moment, on a reçu près de 8 000 dollars. C’est beaucoup. »

Certains ont fait le choix de rentrer au pays pour participer à la révolution. Aman vient d’Arabie Saoudite. Il a déjà récolté près de 40 000 dollars auprès des Soudanais du Golfe. Il utilise le système de l’awala, un transfert d’argent de la main à la main. « L’argent ne passe pas par les banques, précise-t-il. Nous faisons ça sous la table. Pas de noms, juste des codes. Nous n’utilisons que du cash et un réseau de personnes de confiance. Nous n’acceptons jamais l’argent de quelqu’un que nous ne connaissons pas. »

Pour Imam, dont le frère est à l’étranger, la révolution est une occasion pour mettre un terme à l’émigration de la jeunesse soudanaise. « Moi, je ne veux pas partir. Au contraire, je voudrais convaincre ceux qui sont à l’étranger de revenir au Soudan pour développer notre pays, explique-t-il. Ce qui se passe est une opportunité. On va pouvoir avoir des projets. Nous n’aurons plus besoin de partir pour avoir un emploi ou de l’éducation. »

Selon les Nations unies, en 2017, les Soudanais de la diaspora ont envoyé près de 180 millions de dollars au pays.

À Khartoum, la place du sit-in draine des manifestants des quatre coins du Soudan

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