Republier
Soudan

Soudan: nouvelle démonstration de force des manifestants

Les Soudanais ont une nouvelle fois défilé dans la rue pour maintenir la pression contre le pouvoir, ce jeudi 2 mai.
© G. Laleix/RFI

Une nouvelle manifestation de grande ampleur s'est tenue ce jeudi 2 mai dans la capitale soudanaise. Les opposants ont appelé à une marche du million pour faire entendre leurs revendications et maintenir la pression sur le conseil militaire qui dirige le pays.

Ce rassemblement était à l'initiative de l'association des professionnels soudanais (APS), fer-de-lance de la contestation qui a mené à la chute d'Omar el-Béchir le 11 avril. Les discussions menées jusqu'à présent n'ont permis aucun consensus pour former un conseil susceptible de mener le pays vers de nouvelles élections. L'Union africaine demande désormais que le pouvoir soit transféré aux civils dans les deux mois...

Ce jeudi, les médecins soudanais sont partis à 13 h de l’hôpital central. Les manifestants sont organisés par corporations de métiers, quartiers de Khartoum ou encore régions soudanaises. Chacun de ces groupes s'est donné rendez-vous dans la ville et a défilé dans les rues jusqu’au point de ralliement, la fameuse place du sit-in, en face du quartier général de l’armée.

L’APS espérait un million de personnes dans les rues. Et ses attentes ont largement été comblées. Depuis la grande manifestation de jeudi dernier, les militants restent extrêmement motivés. Chaque jour, des cars viennent de toutes les régions du pays pour déposer des Soudanais qui veulent se joindre au mouvement. Un train d’Atbara, ville à 250 kilomètres au nord de Khartoum, à la longue tradition contestataire, est encore arrivé mardi, plein à craquer.

La manifestation d’aujourd’hui est un de nos moyens de montrer notre pouvoir. Nous sommes nombreux, unifiés, et dans la rue. La rue est à nous. Nous mettons la pression et nous insistons. Nous manifestons dans la paix et nous voulons tous nos droits sans la moindre violence.

La rue maintient toujours la pression
02-05-2019 - Par Gaëlle Laleix

Cette manifestation intervient alors que les relations entre les militaires et la coalition civile se sont tendues cette semaine. Aucun accord n’a été trouvé, ni sur le gouvernement ni sur le comité conjoint de souveraineté qui doit remplacer le Conseil militaire à la tête du pays. Mardi, chaque camp s’est invectivé par conférence de presse interposée. Les militaires ont demandé la réouverture de routes, ponts et voies ferrées bloquées par le sit-in, les manifestants ont rajouté des barricades. Mais cela n’est pas allé plus loin. Les deux camps cherchent sans doute à se faire un peu peur.

Dans la foulée, les militaires ont quand même assuré qu’il n’y avait aucun intérêt à utiliser la violence contre le sit-in. Et mercredi, l’un des leaders de l’opposition, Sadek al-Mahdi, a demandé aux manifestants de ne pas provoquer les militaires en essayant de les priver du rôle positif qu’ils ont joué dans la révolution.

Les opposants ont appelé à une marche du million pour faire entendre leurs revendications, ce 2 mai 2019. © G. Laleix/RFI

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.