Soudan du Sud: selon l’ONU, les services secrets ont exécutés deux personnalités

Juba, la capitale sud-soudanaise, le 12 juillet 2016 (photo d'illustration).
© REUTERS/Stringer

Au Soudan du Sud, deux personnalités disparues depuis janvier 2017 sont très probablement mortes et ont très probablement été assassinées par le pouvoir. C’est la conclusion d’un rapport du panel d’experts de l’ONU sur le Soudan du Sud diffusé mercredi. L’opposant Aggrey Idri et le défenseur des droits de l’homme Dong Samuel Luak avaient été enlevés à Nairobi, au Kenya, début 2017. Depuis on était sans nouvelles d’eux. L’ONU pointe du doigt les services secrets sud-soudanais.

Les familles accusaient déjà Juba d’avoir fait disparaître Aggrey Idri et Dong Samuel Luak. Les experts onusiens confirment leurs soupçons.

D’après leur enquête, les deux hommes ont fui au Kenya les 23 et 24 janvier 2017. Ils auraient ensuite été kidnappés à Nairobi par les services secrets sud-soudanais, avant d’être renvoyés à Juba sur un vol commercial le 27.

Aggrey Idri et Dong Samuel Luak auraient été détenus à « Blue House », les sinistres cachots des services secrets dans la capitale, avant d’être transportés vers le centre de détention de Luri, à 20km de la ville où ils auraient été tués le 30 janvier.

« Nous avons reçu et vérifié plusieurs rapports indépendants, provenant de sources multiples bien placées et très crédibles. Elles se recoupent. Il est hautement probable qu’ils aient été exécutés par des agents de l’Internal Security Bureau », expliquent les experts qui accusent le chef des renseignements, le lieutenant-général Akol Koor Kuc, d’avoir donné les ordres.

Juba a plusieurs fois nié être impliqué dans la disparition d’Aggrey Idri et Dong Samuel Luak. En tout cas les défenseurs des droits de l’homme enragent.

« Cette affaire révèle une cruauté choquante. Les autorités devraient cesser de l’étouffer et permettre une enquête indépendante », a déclaré Human Rights Watch. « Les gouvernements du Kenya et du Soudan du Sud devraient être morts de honte. Nous demandons justice », a réagi de son côté Amnesty International.

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