[Reportage] Kenya: au marché, des produits plus rares et des prix qui grimpent

Une femme vend des tomates sur un marché de Nairobi (image d'archives)
© SIMON MAINA / AFP

Au fil des semaines la sécheresse s’installe dans la Corne de l’Afrique. Après de faibles pluies en fin d’année dernière, la saison humide débutée en mars est pour l’instant très décevante. Résultat, une vingtaine de comtés sur 47 sont en état d’alerte. Plus d’un million de personnes sont déjà en situation d’insécurité alimentaire. Et dans les marchés du pays, les prix montent.

Au City Park market, c’est la même ambiance et les mêmes étals que d’habitude. Mais quand on y regarde de plus près, il y a moins de choix. Vendeur de fruits et légumes, Frédéric Mwangi constate un début de pénurie.

« Je pars très tôt le matin acheter au marché de Marikiti, ou sinon des cultivateurs viennent nous vendre leurs récoltes directement ici. On a beaucoup de problèmes pour se fournir en légumes. Il faudrait que le gouvernement construise plus de barrage, pour stocker l’eau, et des serres aussi. »

Et c’est mécanique. Les produits sont plus rares, donc les prix montent. Lucy Nyokabi a dû répertorier la hausse sur ses clients.

« Quand j’ai commencé ce métier, les prix étaient bas. On n’avait pas de problème avec les pluies, le climat n’était pas trop chaud. Mais tout a changé. Cette année je n’ai compté que trois jours de pluie. Chez les grossistes, je dois donc acheter moins. Je ne prends plus que 15 kilos de carottes au lieu de 30, car le prix de vente est passé de 50 à 80 shillings. Donc je ne peux pas acheter plus. Pour les tomates, je vendais à 60, mais je suis passé à 100 shillings. »

Résultat, l’addition est de plus en plus salée pour les clients. Ruth est désormais très vigilante lorsqu’elle fait ses courses. « Je savais que les prix allaient monter donc je me suis préparée. Je continue à acheter, je n’ai pas le choix, mais le budget est plus serré parce que tout est cher. Et il y a certains produits que je n’achète plus. »

En avril, l’inflation dépassait les 6 et demi %. Le plus haut niveau depuis un an et demi au Kenya. Un chiffre qui pourrait encore monter si les pluies restent aussi faibles.

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