Bénin: retour à la vie normale dans le quartier Cadjéhoun de Cotonou

Cotonou, le 1er mai 2019. Un blindé de la police est positionné dans une rue du quartier de Cadjéhoun où réside l'ancien président Boni Yayi.
© Yanick Folly / AFP

Au Bénin, la vie reprend son cours dans le quartier Cadjéhoun de la capitale Cotonou. Mercredi et jeudi derniers, le quartier a été le théâtre d’affrontements entre sympathisants de l’opposition et les forces de l’ordre, causant au moins deux morts. Les forces de l’ordre quadrillent toujours la zone mais elles ont levé leurs barrages qui bloquaient l’accès à la principale avenue du quartier. Les véhicules motorisés sont de nouveau autorisés à circuler. Si les habitants se réjouissent du retour au calme, chez certains la peur reste présente.

Les voitures et les zemidjan, les fameux taxi-moto béninois, empruntent de nouveau l’avenue principale qui traverse le quartier de Cadjéhoun où réside l’ancien président Thomas Boni Yayi et dont les rumeurs de son arrestation avaient provoqué les affrontements mortels de la semaine dernière.

Les boutiques sont rouvertes. Les commerces qui avaient subi des dégâts changent les vitres cassées et repeignent leurs façades. Les riverains se veulent rassurants et répètent que tout va bien mais ce jeune footballeur reste prudent sur la suite.

« Oui, c’est la joie. C’est la joie parce qu’actuellement on peut sortir, on peut faire ce qu’on veut mais on a toujours peur. Ils nous ont traumatisés avec leurs histoires. Ils n’ont qu’à aller se comprendre et nous laisser en paix ! », dit-il.

Le quartier et le pays restent choqués par les tirs à balles réelles des forces de l’ordre. Pour ce natif de Cadjéhoun, le maintien des hommes en uniforme dans le quartier n’est pas forcément la solution.

« Je ne pense pas que la violence va reprendre mais il y a encore une hantise parce qu’il y a la présence des militaires dans chaque rue. Regardez avec vos yeux ! Il y a encore une psychose de peur », estime-t-il.

Avant la fin de la journée de ce lundi 6 mai, la police devrait remplacer l’armée dans les rues.

Désormais, tous attendent la réaction de l’opposition et du pouvoir à l’approche de l’installation des nouveaux députés d’ici le 15 mai.

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