Ebola en RDC: le travail des médecins de nouveau interrompu à Butembo et Katwa

Des membres de la Croix-Rouge congolaise enterre une personne décédée du virus Ebola à Butembo le 28 mars 2019.
© REUTERS/Baz Ratner

Dans l'est de la RDC, le cap des 1 000 morts du virus Ebola a été franchi ce week-end. L’épidémie, déclarée en aout 2018, est maintenant la deuxième plus grave dans l'histoire du virus. Dans un contexte d’insécurité et de méfiance de la population à l'égard du personnel soignant, la fièvre hémorragique se propage à vive allure dans la province du Kivu et en Ituri, comme dans les localités voisines de Butembo et de Katwa, les épicentres de l'épidémie, où le travail des médecins a été une nouvelle fois interrompu ce week-end.

La société civile parle d'une véritable crise de confiance entre le personnel soignant et la population. Dernier incident en date, l'accrochage entre des conducteurs de taxis-motos et une équipe d'enterrement sécurisé qui procédait vendredi 3 mai à l'inhumation d'une patiente morte du virus à Katwa.

Deux motards ont perdu la vie suite à l'altercation, entraînant des manifestations de conducteurs de taxis-motos ce week-end. Résultat, les équipes de riposte contre le virus n'ont pu travailler pendant près de deux jours.

Selon le ministère de la Santé, elles auraient partiellement repris leurs activités dimanche. Mais Eli Kwiravusa, vice-président de la société civile de la ville, assurait lundi 6 mai que les soins étaient encore au point mort.

Des soignants régulièrement pris pour cible

C'est un nouveau coup dur pour le personnel soignant, régulièrement pris pour cible par les groupes armés présents dans la zone. Fin février, les équipes de Médecin sans frontière ont suspendu leurs activités suite à l'attaque de deux centres de soin.

Depuis, la qualité de la riposte s'est dégradée assure-t-on à Butembo. A chaque interruption d'intervention, il y a un risque accru de rebond de l'épidémie explique le docteur Ibrahima Socé Fall, de l'OMS. Autour de Butembo, il y a déjà eu plus de 600 morts, et le médecin enregistre parfois jusqu'à quinze nouveaux cas par jour.

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