Soudan du Sud: le président Kiir veut prolonger la transition d’une année

Le président sud-soudanais Salva Kiir, en juillet 2017, au palais présidentiel à Juba.
© REUTERS/Jok Solomun

La transition sud-soudanaise n’en finit pas de s’éterniser. Il y a huit mois, le président Salva Kiir et les groupes rebelles, notamment celui de Riek Machar, ont signé un accord de paix. Ce dernier devait rentrer à Juba dimanche, marquant aussi la mise en place d’un gouvernement de transition. Mais le calendrier a pris un tel retard que les parties se sont accordées pour une prolongation de six mois. Mais, désormais, le président Kiir demande de le repousser encore d’une année.

Pour sa première déclaration depuis la prolongation de la transition, Salva Kiir a marqué les esprits. Il propose désormais un délai d’un an. Si, depuis l’accord de paix, « on n’a pas pu mettre en place les arrangements sécuritaires prévus, qu’est-ce qui garantit qu’on pourra le faire avec six mois de plus ? », a déclaré le président sud-soudanais.

Il évoque surtout des soucis logistiques, notamment les pluies qui, prévient-il, devraient bloquer les déplacements de mai à novembre. Un semestre de surplace qui amènerait les parties à 2020. « On pourra faire les choses à ce moment-là et former le gouvernement en avril ou mai de l’an prochain », dit le chef de l’État.

Vers une élection en 2023

Or, on devine déjà les problèmes concernant les élections. Sans surprise, le camp présidentiel explique que retarder la transition retardera d’autant la présidentielle, maintenant un peu plus Salva Kiir au pouvoir. « Un tel délai repousserait le scrutin à 2023, soit 13 ans après le dernier scrutin », explique la chercheuse Lauren Blanchard.

Dans son allocution, le chef de l’État s’en est aussi pris à son rival Riek Machar, l’accusant de recruter des combattants. « Il fait ça pour rentrer à Juba avec une force importante et nous déloger tous. Ça ne me coûte pas grand-chose de recruter aussi », a estimé le président. « Nous respectons l’accord à la lettre. Nous avons des zones de rassemblement, c’est tout. C’est prévu dans l’accord de paix », a rétorqué le chef adjoint du SPLM-IO, Henry Odwar.

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