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Algérie

Algérie: Louisa Hanoune incarcérée pour «complot contre l'autorité de l'État»

La secrétaire générale du Parti des travailleurs, Louisa Hanoune, lors d'un meeting électorale en 2014.
© Farouk Batiche / AFP

En Algérie, c'est l'indignation ce jeudi 9 mai au soir après l’arrestation de Louisa Hanoune. La secrétaire générale du Parti des travailleurs avait été convoquée devant le tribunal militaire tout comme, avant elle, le frère de l’ancien président, Saïd Bouteflika. Elle a été incarcérée.

La télévision nationale a diffusé des images d’elle marchant seule vers les marches du tribunal militaire. D'abord convoquée en tant que témoin, d'après son parti, elle a finalement été placée en détention provisoire dans le cadre de l’enquête pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’État » qui touche déjà le frère de l’ancien président, Saïd Bouteflika et deux anciens hauts responsables des services de renseignement.

Louisa Hanoune, 65 ans, avait été arrêtée à plusieurs reprises pendant la fin des années 1980 pour ses activités politiques au sein d’un parti d’extrême gauche. En 1990, elle créé le Parti des travailleurs. Parti au nom duquel elle est candidate à la présidentielle en 2004, 2009 et 2014. Aucune information pour le moment sur ce qui lui est reproché. Seraient-ce ses liens avec le jeune frère d'Abdelaziz Bouteflika ? Opposante de longue date, Louisa Hanoune, 65 ans, n’a jamais caché sa proximité avec l’ex-chef de l’État et sa famille. Jusqu’à un passé récent, elle était en contact régulier avec Saïd Bouteflika et aussi avec Zhor, la sœur qui s’occupe de l’ex-président dans sa résidence.

Dans la soirée, le Parti des travailleurs a dénoncé une « dérive gravissime » et une « criminalisation de l’action politique indépendante ». Sur les réseaux sociaux, des personnalités politiques, de la société civile et des médias s’indignent de son arrestation. Sur sa page Facebook, Mohcine Belabbas, président du RCD, parle des « caractéristiques du coup d’État militaire » qui apparaît, selon lui, « jour après jour ».  Avec une justice, selon lui, aux ordres du nouvel homme fort du pays Gaïd Salah. Du côté de Jil Jadid, autre parti d'opposition algérien, on s'interroge sur le respect des libertés politiques et les véritables intentions du pouvoir.

Dans un communiqué, la Ligue de défense des droits de l’homme parle d’une « escalade inquiétante et estime que cela ouvre la voix à tous les scénarios et à toutes les dérives ».

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