Bénin: toujours pas de bilan officiel sur les morts des 1er et 2 mai

Les autorités béninoises n'ont toujours pas parlé du bilan sur le nombre de morts et de blessés après les événements des 1er et 2 mai 2019.
© Yanick Folly / AFP

Au Bénin, il n'y a toujours pas de bilan officiel des événements tragiques des 1er et 2 mai dernier à Cadjéhoun, le quartier où réside l’ancien chef d’Etat Boni Yayi. L’armée a tiré à balles réelles sur des manifestants ces deux jours-là. Seule l’opposition a communiqué son bilan de 7 morts, 9 morts selon Boni Yayi. Cela fait 8 jours maintenant, et toujours aucun bilan chiffré donc côté pouvoir, qui a pourtant rencontré la presse deux fois. On assiste à de la communication sans chiffres.

Episode 1: mercredi, quatre officiers supérieurs de la police et de l’armée se présentent devant la presse qui attend un bilan chiffré des événements sanglants des 1er et 2 mai. Celui qui s’exprime est le porte-parole de la police, il est très bref. La presse reste sur sa faim.

Le contrôleur général de police Pascal Odeloui ne dit rien sur les morts, rien sur les blessés. Il termine sur cette mise en garde. « La police républicaine et les forces armées béninoises sont résolument engagées à décourager tout groupe d’individus visant à remettre en cause l’Etat et ses institutions »

Beaucoup interprètent cette prise de parole comme une réponse à Candide Azanai, l’orateur flingueur de l’opposition qui, la veille, réclamait la démission du chef de l’Etat.

Episode 2: jeudi, le ministre de la Santé convoque la presse. Sur l’invitation, il est marqué « point sanitaire des événements (morts et blessés) ». En moins de 3 minutes, le ministre termine sa déclaration sans donner de chiffres: il a juste parlé de « dégâts matériels et humains » et révélé que des analyses toxicologiques sous contrôle judiciaire montrent que les meneurs de troubles se sont drogués à la substance active du chanvre indien.

Les journalistes ne sont pas autorisés à poser des questions. Quelques-uns manifestent leur étonnement et disent aux chargés de communication : « Nous voulons des chiffres ». Ils répondent:« aucune réticence à les donner »...

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