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Bénin France

Otages au Bénin: la zone n'était pas rouge mais déconseillée

Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et la ministre des Armées Florence Parly ont accueilli les otages à l'aéroport de Villacoublay, le 11 mai 2019.
© Francois Guillot/Pool via REUTERS

Les touristes français ont-ils été imprudents et ont-ils inutilement mis en danger les militaires français venus les libérer ? Ce sont les questions soulevées par les propos du ministre français des Affaires étrangères quand ce dernier assure, samedi 11 mai, qu'ils se trouvaient dans une zone classée rouge sur le site de la diplomatie française, c'est-à-dire formellement déconseillée.

Jean-Yves Le Drian a rappelé les touristes français à la prudence et au respect des conseils aux voyageurs émis par le Quai d'Orsay sur son site internet, après avoir un peu plus tôt chez nos confrères d'Europe 1 assuré que la zone dans laquelle les touristes s'étaient rendus était « considérée depuis déjà pas mal de temps comme une zone rouge ». Des propos, factuellement inexacts, qui ont provoqué un début de polémique.

En effte, les cartes montrent que le Parc de la Pendjari n'était pas cité avant l'enlèvement des Français et qu'il ne faisait donc pas l'objet d'une recommandation particulière. Seul le parc du W, plus au nord, était nommément désigné comme à risque. Ce n'est qu'après la disparition des touristes, le 1er mai, que dans une alerte sécurité de dernière minute, le Quai d'Orsay pointe le Parc pour en déconseiller dans un premier temps la partie frontalière avec le Burkina Faso. Comme l'a démontré dans une série de tweets le journaliste de Marianne Thomas Vampouille, mais aussi Le Figaro, à partir des archives du site France Diplomatie, le Parc de la Pendjari dans son intégralité n'est formellement déconseillé que depuis le 10 mai...

Toutefois, si l'endroit précis de l'enlèvement des touristes n'est pas encore connu, il n'en reste pas moins qu'ils voyageaient dans une zone qui était au moins déjà jaune, recommandant donc une « vigilance renforcée », voire orange et donc « déconseillée sauf raison impérative »...

Des zones rouges « fortement déconseillées », des zones oranges déconseillés sauf si impératifs, et des zones jaunes et vertes pour une vigilance normale : la cartographie mise en place par France diplomatie doit évoluer selon les menaces. Un code couleur a priori simple mais la réalité du terrain est parfois tout autre.

► Lire aussi : Tourisme en zones à risques: le Quai d'Orsay n'a pas toujours le dernier mot

Dans les zones de guerre comme en Syrie ou en Afghanistan, le classement rouge va de soi mais pour la plupart des pays d'Afrique classés zones à risque, la distinction n'est pas si évidente.

Certaines agences de voyages organisent même des circuits dans des zones toujours dites « à risques ». Comme dans le sud algérien par exemple : destination prisée par ceux qui veulent éviter le tourisme de masse.

A l’inverse, le Maroc est le seul pays d’Afrique qui reste classé zone verte malgré l’assassinat de deux jeunes touristes scandinaves fin 2018 dans les montagnes de l’Atlas.


• Un ex-ambassadeur américain s’étonne

Suite à la libération, au Burkina Faso, des otages - deux Français, une Sud-Coréenne et une Américaine - le mystère continue de planer sur l’identité de l’otage américain. Une télévision américaine, citant une source du Pentagone, rapporte qu’il s’agit d’une femme « dans la soixantaine » mais rien d'autre n'a filtré dans la presse américaine sur son identité. Jeff Hawkins, un ancien ambassadeur des Etats-Unis, s’explique mal ce silence.

Il y a un silence plus ou moins absolu sur la personne, contrairement aux otages français dont on sait pratiquement tout, maintenant. […] C’est assez étonnant que les médias n’aient pas encore appris les noms des victimes américaine et sud-coréenne.

Jeff Hawkins
12-05-2019 - Par Michel Arseneault

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