Kenya: un an après la rupture du barrage de Solai, le village se reconstruit

Un militaire évalue les dommages causés par les eaux libérées après la rupture d'un barrage, près de la ville de Solail, au Kenya, le 10 mai 2018. (Image d'archives)
© REUTERS/Thomas Mukoya

C’était il y a un an, au Kenya. Après de fortes pluies, un barrage appartenant à une exploitation agricole cédait, rayant de la carte le village de Solai. La tragédie d’ampleur nationale avait fait 48 morts. Alors que le pays est de nouveau en saison des pluies, la reconstruction du village est toujours en cours.

À Solai, les engins de chantier sont toujours en action. Ils nivellent le terrain autour de nouvelles maisons en dur qui ont remplacé celles en terre ou bois emportées par la coulée de boue. Le comté de Nakuru a lancé un plan de reconstruction.

Il est toujours en cours, explique son directeur, Maina Muhia : « Des vies ont été perdues, des moyens de subsistance détruits. Tout était chamboulé. Un an plus tard, on a pu reconstruire les 37 maisons. Les familles sont de retour et n’ont rien eu à payer. Les sols sont en train d’être stabilisés. De la terre arable sera posée et ce sera cultivable probablement l’an prochain. Le village est mieux protégé. La vitesse de l’eau descendant de la colline sera réduite. Nous avons creusé des bassins de tranquillisation. Je suis très fier. En une courte période, le destin de ces gens a changé. »

Les sinistrés ont retrouvé un toit et la vie reprend peu à peu, même s’il reste encore du chemin pour tourner la page, explique Phillip Koech, président de l’association de victimes : « Au début, c’était très dur. On était dans un camp. Après, il a fallu louer des maisons. J’ai une grande famille. Tout ça était très cher. En plus, après la tragédie, les loyers ont augmenté, de 15 à 40 dollars par mois. Mais maintenant, ça va mieux. Nous sommes de retour. J’ai reçu 10 000 dollars de compensation. J’ai pu acheter une voiture et je fais le taxi. Mais j’ai encore besoin d’argent pour relancer mon ancien commerce. On lutte encore pour manger. Quand vous êtes en haut, puis vous tombez, vous renaissez de vos cendres, c’est difficile de revenir en haut. Maintenant, je suis vieux, j’ai 53 ans, je suis fatigué, vous voyez. »

L’affaire est toujours devant la justice. Neuf personnes, dont les deux propriétaires du barrage, attendent toujours un éventuel procès.

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