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Côte d'Ivoire

Côte d’Ivoire: les enseignants en grève pour quatre jours reconductibles

Un instituteur enseigne à des élèves de primaire dans une école à Bouaké, en Côte d’Ivoire. (Photo d'illustration)
© (AFP / Kambou Sia)

En Côte d’Ivoire, la Coalition des syndicats du secteur éducatif/formation de Côte d’Ivoire (COSEF-CI) a repris ce mardi 14 mai, son mouvement de grève pour quatre jours reconductibles. Les enseignants demandent, entre autres, une revalorisation de leurs indemnités de logement, le versement de primes, la suppression des cours du mercredi. 40 % des enseignants ivoiriens du primaire ont suivi le mot d’ordre de grève ce mardi. 51 % des professeurs du secondaire ont également répondu à l’appel à Abidjan, 75 % dans le reste du pays.

Les enseignants ivoiriens attendent toujours des « promesses fermes » et « des réponses claires » du gouvernement qui les accuse, en retour, de mettre en péril les examens de fin d’année. Lundi 13 mai, la ministre ivoirienne de l’Éducation a fait part de son « indignation » face à cet « énième mouvement de grève » qui menace, selon elle, de « pousser les enfants à la rue ».

« C’est la grève de trop. Tous ceux qui se mettront en grève, nous allons estimer que ce sont des gens qui n’ont plus leur place ici. Et évidemment, il y aura des ponctions sur les salaires. Je veux purement et simplement les remettre à la disposition de la Fonction publique », a tonné Kandia Camara.

Des indemnités trop faibles

Elle assure par ailleurs que « le gouvernement s’active pour répondre aux préoccupations » des syndicats. « Faux », lui répond Pacôme Attaby, secrétaire général de la COSEF-CI. Il reproche au gouvernement d’avoir « compartimenté les discussions » et demande « un dialogue direct » avec le Premier ministre pour sortir de la crise.

La COSEF-CI dénonce notamment des indemnités de logement trop faibles, les classes surpeuplées et une charge de travail trop importante pour les enseignants ivoiriens. Pacôme Attaby estime que le gouvernement cherche à « infantiliser » les grévistes et se dit « déterminé à poursuivre ce mouvement nourri d’indignation ».

« Cette rhétorique guerrière et systématique de notre ministre de tutelle face à toutes les grèves de son département n’est pas digne d’un ministre de la République qui a pour mission de régler le problème de ses collaborateurs », a-t-il estimé, regrettant des menaces qui ont pu dissuader certains de participer à cette grève, mardi 14 mai.

À l'approche des examens

L’approche des examens de fin d’année contribue sans doute à faire monter la pression. « Tant qu’on n’a pas ce qu’on demande, nous n’allons pas reprendre le travail. Or les examens font partie du travail. Mais il ne s’agit pas de mettre en péril. C’est le gouvernement qui veut mettre en péril puisque la solution se trouve dans sa poche », a poursuivi le syndicaliste. Il estime que l’État ivoirien a les moyens de répondre aux attentes des enseignants.

« Si l’Afrique veut sortir du sous-développement, elle gagnerait à mettre en première ligne l’éducation, non par les mots, mais par les faits, par les actes. Il y a de l’argent pour nous », a-t-il conclu. Mardi 14 mai, la ministre de l’Éducation nationale a convoqué les syndicats appelés à se présenter à son cabinet vendredi.

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