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RDC

RDC: polémique autour de l'excédent budgétaire

RDC, Kinshasa, vue de la ville (illustration), janvier 2019.
© John Wessels/Bloomberg via Getty

Comment va financièrement la République démocratique du Congo ? Cette question a suscité ces quinze derniers jours un peu de polémique, la Banque centrale ayant imputé une partie du déficit enregistré au mois de mars au programme d'urgence du nouveau chef de l'État, Félix Tshisekedi. Le directeur de cabinet et le porte-parole du président étaient montés au créneau assurant que tout allait pour le mieux dans le pays. À l'issue d'une nouvelle réunion du comité de politique monétaire jeudi, selon un document transmis à RFI, la Banque centrale devrait confirmer cette bonne santé et présenter pour le mois d'avril un excédent budgétaire de 301 milliards de francs congolais, soit près de 180 millions de dollars.

À en croire le communiqué du précédent comité de politique monétaire, la RDC était déficitaire sur les trois premiers mois de l'année. Des documents publiés par la Banque centrale congolaise chaque semaine attestaient d’un déficit qui se creuse, malgré une meilleure mobilisation des recettes. Un déficit cumulé pour janvier, février et mars de près de 25 millions de dollars mais qui au 19 avril et pour ce seul mois, culminait à 130 millions de dollars.

La BCC imputait ces déficits notamment au coût des mesures d'urgence du président Tshisekedi qui selon la Banque centrale représentaient près d'un quart des dépenses publiques à la mi-avril.

Interrogé par la presse locale, Vital Kamerhe, le directeur de cabinet de Félix Tshisekedi, a démenti ces chiffres, assurant même que sur les quatre premiers mois de l'année, la RDC avait au contraire réussi à dégager 253 millions d'excédent budgétaire.

Aujourd'hui, la présidence et la Banque centrale semblent avoir accordé leurs violons et parlent de déficit pour janvier et mars, mais d'excédent budgétaire pour février et avril. Et si les 180 millions d'excédent se confirment pour le mois d'avril, cela signifierait qu'entre le 19 et le 30 avril, le Trésor public a enregistré plusieurs centaines de millions de dollars de recettes qui ne semblent pas avoir été anticipées dans les documents officiels de la BCC publiés jusqu’ici.

Mais pour l'Observatoire de la dépense publique, une ONG congolaise spécialisée dans la question des finances publiques, l'annonce de cet excédent n'est qu'un « fait de communication » et elle dénonce un manque de « transparence ».

Lorsque l'on présente les excédents budgétaires en les comparant avec les dépenses effectuées, nous constatons qu'il y a beaucoup de services de l'État qui n'ont encore pas réuni les fonds pour mettre en œuvre leur politique. Le Congo vit une situation atypique où il y a pratiquement deux budgets de l'État.

Valery Madianga, chargé de communication de l'Observatoire des dépenses publiques
15-05-2019 - Par Sonia Rolley

Pour l'ODEP, ces incohérences dans les chiffres des recettes et des dépenses présentées par la Banque centrale et même le gouvernement ne sont pas nouvelles, mais l'ONG congolaise appelle le nouveau chef de l'Etat à faire preuve de plus de transparence que son prédécesseur.

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