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Soudan

Soudan: suspension des pourparlers entre militaires et opposition

Des manifestants soudanais érigent une barricade dans une rue lors de manifestations dans le centre de Khartoum, au Soudan, le 15 mai 2019.
© REUTERS/Stringer

Deux jours de négociations entre civils et militaires, pour rien. Mercredi 15 mai au soir, le Conseil militaire s’est retiré du dialogue mis en place depuis lundi pour parvenir à un accord sur une période de transition politique en vue d’élections démocratiques. La suspension devrait durer soixante-douze heures, selon le Conseil militaire. La capitale soudanaise est à nouveau secouée par des tensions entre manifestants et forces de sécurité.

Le dialogue entre le Conseil militaire et la Coalition civile avait pourtant bien commencé, leur permettant de se mettre d’accord sur une période de transition politique de trois ans avec un Parlement de 300 membres, mais surtout un gouvernement essentiellement composé de civils, ce que les manifestants exigent depuis le lancement de leur mouvement, en décembre dernier.

Mais en début de semaine, pour faire pression sur les militaires, les manifestants ont étendu leur zone de sit-in en posant des barricades sur les grands axes de la capitale : sur les principales avenues et les ponts qui enjambent les deux Nils.

La capitale soudanaise est, depuis, presque à l’arrêt et certains quartiers commencent à être isolés. Les militaires exigent donc que ces barrages soient levés pour permettre à la ville de retrouver un semblant de vie économique.

Le Conseil militaire, qui administre politiquement le pays depuis la destitution du président Omar el-Béchir le 11 avril dernier, s’est retrouvé acculé face à des manifestants qui sont en train de prendre doucement le contrôle de Khartoum. Et évidemment, ça déplaît.

Ils semblent vouloir gagner du temps, selon certains manifestants, d’autant que pour la deuxième fois en deux jours, une fusillade a endeuillé le sit-in : des tirs nourris sur une barricade ont fait au moins 8 blessés, dont certains ont été transportés à l’hôpital dans un état grave. D’ailleurs, la coalition civile, de son côté, exige que la lumière soit faite pour trouver les responsables de la tuerie de lundi. Une tuerie imputée à des hommes en uniforme, qui a fait six morts et des dizaines et dizaines de blessés.

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