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Bénin

Bénin: jour J pour la nouvelle Assemblée nationale controversée

L'Assemblée nationale du Bénin.
© Site officiel de l'Assemblée nationale béninoise

Une journée sous haute tension au Bénin. À Porto-Novo, la capitale, siège du Parlement, doit se dérouler ce jeudi 16 mai la cérémonie d’installation de la nouvelle Assemblée nationale issue des législatives du 28 avril. C'est une Assemblée entièrement monocolore, les 83 députés sont issus de deux partis parrainés par le chef de l'État. Toutes les listes de l'opposition ont été invalidées et le scrutin a été marqué par un très faible taux de participation.

À Porto-Novo, un dispositif sécuritaire très impressionnant a été déployé. Pick-up, chars anti-émeutes et même des parachutistes commandos. Du jamais vu en pareille circonstance. À l’image de ce dispositif sécuritaire exceptionnel dans un contexte de tension et de menaces inédit, la nouvelle Assemblée nationale n’a vraiment rien d’ordinaire.

Pour la première fois depuis 1990, les 83 députés se réclament de la mouvance présidentielle. Pas de vice-président de l’opposition ni de questeur. Les partis de cette opposition n’ont d’ailleurs plus d’existence légale à ce jour au Bénin, mais ils ont une nouvelle force, celle que leur confère l’abstention record : 73% officiellement au niveau national. Il y aurait également un très fort taux de bulletins nuls.

Pour l’opposition, cette Assemblée nationale est illégitime ; illégitimes seront les  lois qu’elle adoptera. « Si le président Patrice Talon veut faire passer une révision de la Constitution, il a désormais le champ libre », remarque le professeur de sciences politiques et ancien garde des Sceaux Victor Topanou.  « Le député est le représentant de la Nation. Or, les citoyens ont tourné le dos aux élections. Nous entrons dans une zone de contestations et d’incertitudes », s’inquiète-t-il.

« Notre démocratie n’est pas aussi en danger que l’opposition veut le faire croire. Les réformes peuvent être douloureuses mais elles vont entraîner des mutations positives », répond un proche du chef de l'État. En attendant, le pouvoir joue la carte de la légalité et de la fermeté et espère qu’avec l’installation de cette nouvelle Assemblée, un pas sera franchi, une page sera tournée.

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