Des personnalités convoquées par la justice en Algérie: désamorcer la contestation?

Alger, le 10 mai 2019, une pause dans un vendredi de manifestation contre le régime.
© REUTERS/Ramzi Boudina

Opération mains propres en Algérie ? Grand ménage des nouvelles autorités de transition ? Hier, jeudi 16 mai, les deux procureurs d'Alger ainsi que le patron de l'organisme de lutte contre la corruption, nommés sous la présidence d'Abdelaziz Bouteflika, ont été démis de leurs fonctions par le président par intérim et remplacés. Par ailleurs, plusieurs anciens ministres et hautes personnalités du régime Bouteflika ont été convoqués au tribunal civil d’Alger pour des affaires liées à la corruption, selon la télévision publique algérienne.

Parmi les personnalités convoquées, deux anciens Premiers ministres, Ahmed Ouyahia (Premier ministre jusqu'en mars dernier) et Abdelmalek Sellal (chef du gouvernement de 2014 à 2017 et ex-directeur de campagne du président déchu Abdelaziz Bouteflika), mais aussi l’ancien ministre du Commerce Amara Benyounes, l’ex-ministre des Finances Karim Djoudi, ou encore l’ex-wali d’Alger Abdelkader Zoukh.

Selon la télévision publique algérienne, tous ont été convoqués dans le cadre de  l’enquête pour corruption qui vise l'ancien président du Forum des chefs d'entreprises, Ali Haddad. Le PDG du numéro un des travaux publics en Algérie est en détention provisoire depuis le 2 avril à la prison d’El-Harrach.

Ces personnalités ont-elles été convoquées comme simples témoins ou comme suspects ? Aucune information n'a filtré à ce propos. Toute la journée, un imposant dispositif de sécurité a empêché l’accès du tribunal aux journalistes, venus nombreux assister à ces comparutions inédites qui ont duré jusqu’en début de soirée. De leur côté, des manifestants sont venus scander des slogans hostiles à ces différents responsables, demandant qu’ils soient jugés.

À la veille du 13e vendredi de mobilisation, difficile de ne pas voir de lien entre ces nouvelles comparutions et la volonté des autorités de transition de calmer la contestation alors que la rue demande toujours l’annulation de la présidentielle du 4 juillet et un changement complet de régime.

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