Bénin: la famille de Boni Yayi dénonce le sort de l'ancien président

Un véhicule blindé dans le quartier de Cadjehoun, celui de l'ancien président du Bénin, Thomas Boni Yayi, le 1er mai 2019 à Cotonou.
© Yanick Folly / AFP

Le domicile de l'ancien président béninois Boni Yayi reste sous la garde constante des forces de l'ordre. Plusieurs visiteurs auraient été refoulés ces derniers jours. Les autorités démentent vouloir entraver sa liberté d'aller et venir.

Le dispositif policier autour du domicile de l'ancien président béninois, Boni Yayi, n'a toujours pas été levé par les autorités. Officiellement, il s'agit de protéger l'ex-chef de l'État. Mais, ce samedi, un membre de sa famille s'est vu refuser l'entrée sans aucun motif.

Marcel de Souza, ancien président de la commission de la Cédéao, est également frère de la femme de Boni Yayi. « Sont-ils en résidence surveillée ? Parce que même en résidence surveillée, on a un droit de visite. Ou bien ils sont en prison ? En prison, il y a des jours et des heures de visite ! Quand on en arrive à dire que l’on assure la protection de l’ancien président en prenant des mesures alors que même la famille ne peut pas aller lui rendre visite, c’est de l’hypocrisie politique et ce n’est pas normal, s’insurge-t-il. Moi, je ne suis ni de l’opposition ni avec la mouvance, mais la famille doit avoir droit de visite, sinon c’est de l’hypocrisie politique. »

Du côté de la présidence du Bénin, on se dit « surpris ». « Vous me l'apprenez », affirme Wilfried Leandre Houngbedji, le porte-parole. Même réaction du côté du ministère de l’Intérieur : « L'ancien président n'est pas en résidence surveillée. »

François Hollande inquiet des « graves atteintes » à la démocratie

La dérive sécuritaire au Bénin inquiète jusqu'à l'ancien chef de l'État français, François Hollande. Dans un communiqué publié samedi soir, il se dit préoccupé « des graves atteintes portées aux droits de l'opposition et de la démocratie ». La présidence béninoise n'a pas souhaité commenter.

L'exclusion de l'opposition des législatives du 28 avril, marquées par un taux d'abstention record, avait donné lieu à une série de manifestations dans le pays qui se sont soldées par au moins quatre morts.

Mardi, Amnesty International avait dénoncé une répression post-électorale aux « proportions inquiétantes » dans un pays longtemps considéré comme un exemple de démocratie en Afrique. Selon l'ONG, des fouilles systématiques et des interrogatoires de simples passants sont également opérés dans le quartier Cadjéhoun, où réside l'ex-président Boni Yayi.

Le président béninois, Patrice Talon, doit prendre la parole lundi. Ce sera la première fois qu'il s'exprime depuis les élections. Un discours qui devrait être orienté sur le développement économique, selon ses conseillers.

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