Côte d’Ivoire: les habitants d’Attécoubé à Abidjan dénoncent la criminalité

À Abidjan, les habitants de la commune d’Attécoubé dénoncent la criminalité dans leurs quartiers. (Photo d'illustration)
© CC BY-SA 2.0

À Abidjan, les habitants de la commune d’Attécoubé dénoncent la criminalité dans leurs quartiers. Lundi, une manifestation de jeunes contre l’insécurité a dégénéré lors d’un face-à-face avec la police. Le préfet a dû intervenir et au moins trois personnes ont été blessées. Mardi, les autorités ont organisé une rencontre à la mairie pour tenter de calmer les esprits et promouvoir leurs efforts sur le terrain. Au mois d’avril, une vaste « opération Épervier » avait été lancée dans la commune pour lutter contre les armes, la drogue et la criminalité sous toutes ses formes. Mais les habitants estiment que cette initiative n’a rien changé.

La tension semble encore vive à Attécoubé. Dans les rues, autour de la mairie, on remarque une forte présence policière. Le maire, Claude Paulin Danho, également membre du gouvernement, est venu défendre son action en personne : « Il n’y a pas d’insécurité généralisée à Attécoubé. Il y a des poches d’insécurité, identifiées et qui sont traitées. On connaît les zones criminogènes, on a cassé les fumoirs, on n’est pas restés inactifs. C’est à Attécoubé qu’on a fait l’opération Épervier, il y a même pas un mois ».

Malgré cette opération médiatisée, la mort d’un jeune dans une agression au début du ramadan a fait monter l’exaspération, selon Mohamed, l’un des leaders des jeunes, à la tête de la manifestation de ce lundi. « La délinquance, elle est remarquée par tous, dit-il, et elle est vraiment grandissante. Nous, nous n’en pouvions plus, et on a décidé d’organiser une marche. La police, quand on est venu exposer le problème, nous a fait croire qu’elle a eu un bilan positif et nous a parlé avec des chiffres. Mais nous, qui sommes sur le terrain, on peut remarquer que les vrais bandits  n’ont pas été arrêtés. »

À quelques mètres de la mairie, Sita et Patrice font le même constat. « La journée même il y a des attaques, ils sortent les couteaux. Vraiment, ça ne va pas. » « Ça agresse de partout, pour des futilités, un objet seulement, tu risques de perdre la vie. Ça nous choque beaucoup. Ça ne change rien, l’opération Épervier, mais ils n’ont rien fait. Si tu viens un jour, et le lendemain tu ne viens plus, deux jours, une semaine après, ils vont venir se réinstaller. »

La population d’Attécoubé se plaint aussi de la lenteur des travaux de construction du marché et du commissariat, détruits lors de la crise de 2011. Un faux débat, selon le maire, qui préfère pointer du doigt la délinquance juvénile.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.