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Gabon

Gabon: les raisons du limogeage de deux ministres

Vue générale du port d'Owendo, au sud de Libreville, où étaient entreposés 353 conteneurs de bois précieux qui ont disparu.
© STEVE JORDAN / AFP

Toujours pas d'explications officielles au Gabon suite au limogeage annoncé mardi soir du vice-président gabonais Pierre Claver Maganga Moussavou, ainsi que celui du ministre des Forêts Guy-Bertrand Mapangou. Si la présidence n'a donné aucun détail, officiellement, des sources à la présidence confirment qu'il s'agit bien de sanctions politiques prises dans le sillage du « kévazingogate », une affaire de trafic de bois précieux interdit d'exploitation.

Au Palais du bord de mer, on insiste aujourd'hui sur le fait qu'il s'agit bel et bien d'une sanction politique, prise par le président Ali Bongo en personne, le signe qu'il serait plus déterminé que jamais à lutter contre la corruption. L'heure est à « la tolérance zéro », affirme cette source.

Sur sa page Facebook lundi dernier, Guy-Bertrand Mapangou avait assuré  qu'il n'avait rien à se reprocher, qu'il ne démissionnerait pas, et selon une source de la présidence cela a été perçu comme une façon de défier l'autorité du chef de l'État.

Guy-Bertrand Mapangou était un pilier du gouvernement. Ministre d'État, c'est un homme d'expérience qui compte dans le système politique gabonais,  ancien  ministre de l'Intérieur, ancien secrétaire général de la présidence.

Selon un proche de Guy-Bertrand Mapangou, démissionner aurait été perçu comme un aveu de culpabilité or selon cette source, « on a fabriqué des pièces, c'est une histoire montée pour l'abattre », insiste ce proche. « Dans l'intérêt de qui ? Je ne sais pas, mais en tout cas pas dans l'intérêt du chef de l'État à qui il reste fidèle ».

D'autres sujets de crispation

Du côté de Pierre Claver Maganga Moussavou, au-delà de cette affaire de trafic de bois, on évoque également d'autres sujets d'irritation. Son parc automobile qui a défrayé la chronique, suite à la divulgation en juillet 2018 sur les réseaux sociaux d’une facture concernant l’achat d'une Bentley pour la somme de 160 000 euros. Il s'était défendu à l'époque d’avoir utilisé de l’argent public.

Durant la longue absence du chef de l'Etat, il lui est aussi reproché d'avoir pris quelques libertés. C'est lui qui lors d'un déplacement à Franceville, avait évoqué pour la première fois l'AVC du président, ce qui était contraire à la ligne officielle qui avait fait du blackout son credo et deux déplacements à l'étranger sans l'accord de principe de la présidence, l'un en Autriche, l'autre en Israël.

De son côté, Pierre Claver Maganga Moussavou se dit « innocent et victime d'un coup monté initié par l'actuel directeur de cabinet. Il est tellement ambitieux. Il profite de la situation pour régler ses comptes », lance celui qui est désormais ancien vice-président. Pour le moment, Pierre Claver Maganga Moussavou n'a pas été remplacé, selon une source à la présidence, le chef de l'Etat n'a pas encore pris de décision concernant un éventuel successeur.

L'enquête, elle, est dans les mains du procureur et se poursuit. La présidence assure que toutes les personnes impliquées seront sanctionnées, quel que soit leur rang, quelle que soit leur écurie.

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