Comores: le président Azali promet des mesures d’apaisement envers l’opposition

Le président Azali Assoumani a été officiellement investi à la tête des Comores dimanche 26 mai à Moroni.
© Ibrahim YOUSSOUF / AFP

Le président Azali Assoumani a prêté serment dimanche 26 mai pour un nouveau mandat de cinq ans, deux mois après sa réélection controversée à la tête des Comores.

Après les remerciements d'usage et quelques orientations économiques et sociales en matière d'énergies renouvelables, de chômage et de croissance notamment, le président Azali Assoumani est revenu dimanche sur la crise politique qui agite l'archipel depuis le scrutin présidentiel.

À nouveau, dans le stade omnisports de Maluzini, à Moroni, devant plus de 20 000 personnes, selon les organisateurs, il a lancé un appel à l'unité. Il promet d'abord un statut institutionnel au chef de l'opposition.

« Je m’engage, a-t-il assuré lors de son discours d’investiture, à associer le chef de l’opposition et les leaders de tous les partis politiques dans le processus de prise de décision sur tous les sujets d’intérêt national. »

Et d'autres annonces devraient suivre prochainement. « Dès la semaine prochaine, des mesures concrètes d’apaisement seront prises et un texte me sera soumis à cet effet », a déclaré le président Assoumani.

L'opposition pas convaincue

Mais ces gestes laissent l'opposition sceptique. « Ce n’est pas la première fois qu’il fait des promesses et elles n’ont jamais été tenues, souligne Mouigni Baraka Saïd Soilihi, le président par intérim d'un Conseil national de transition qui rassemble les adversaires du chef de l’État. Moi, personnellement, je ne fais pas confiance à ce discours. Nous l’avons toujours dit haut et fort : le 24 mars dernier, il n’y a pas eu d’élection. C’est un hold-up électoral. On continue à réclamer à ce qu’on retourne autour de la table pour lancer le dialogue et réorganiser les élections. »

Chef de l'État de 1999 à 2006, réélu en 2016, le colonel Azali, ancien putschiste, a été déclaré vainqueur du scrutin du 24 mars avec un plus de 59% des voix au premier tour. L'opposition, comme de nombreux observateurs, avait dénoncé des « fraudes massives » et refuse toujours de reconnaître sa victoire.

Plusieurs rassemblements de la diaspora ont eu lieu à l'étranger ce dimanche pour protester contre une « dictature » aux Comores et appeler au départ d'Azali Assoumani.

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