Republier
Madagascar

Législatives à Madagascar: à Antananarivo, pas d'affluence dans les bureaux de vote

Un bulletin de vote lors des élections législatives à Madagascar, le 27 mai 2019.
© RFI/Laetitia Bezain

Un peu plus de 10 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce lundi 27 mai à Madagascar depuis 6 heures, heure locale, pour élire leurs députés. 810 candidats se présentent à cette élection législative pour tenter de remporter l’un des 151 sièges de l’Assemblée nationale.

Et ce lundi matin, à Antananarivo, l’affluence est plutôt faible en ce début de matinée. Les électeurs ne se pressent pas dans ce lycée du premier arrondissement, qui compte une dizaine de bureaux de vote. Certains ont d’ailleurs ouvert avec une trentaine de minutes de retard.

Les électeurs, qui ont le choix entre six candidats, arrivent au compte-gouttes, par petits groupes de deux ou trois. Plusieurs sont venus ici pour accomplir leur devoir, mais sans grand espoir.

Éliane femme au foyer est venue voter tôt, à 7h du matin : « Si je suis là c’est que j’ai de l’espoir et que je ferai confiance aux députés qui seront élus. J’espère qu’ils seront de vrais porte-paroles du peuple et qu’ils nous aideront à améliorer notre quotidien qui est très difficile. »

L’un d’eux nous expliquait qu’il pourrait retrouver confiance, si les députés soupçonnés de corruption ne revenaient pas à l’Assemblée. Plusieurs affaires de corruption ont éclaté lors de la précédente législature.

Tsiry s’est aussi déplacé pour accomplir son devoir de citoyen, mais sans grande conviction après les affaires de corruption qui ont entaché la précédente législature : « Les mallettes d’argent qui sont distribuées pour faire passer les lois, voilà le vrai fond du problème à l’Assemblée nationale. Il faut que les nouveaux députés, mais aussi ceux qui vont être réélus comprennent ça, mais j’ai peu d’espoir. »

► À (re)lire: Madagascar: 79 députés dans le viseur du Pôle anticorruption

Plusieurs petits commerçants de rue, aux alentours du bureau de vote, nous expliquent vouloir aller voter, mais ne pas avoir pu faire leur carte d’électeur. D’autres ne savent qu’il y a une élection législative ce lundi.

Vola, 30 ans, vendeuse de légumes n’ira pas voter : « J’en ai marre parce que rien ne change. Le coût des marchandises et de la vie n’arrête pas d’augmenter. Pourquoi j’irais voter alors que je sais que rien ne va changer ? Les candidats se battent pour avoir leur place. Ils en profitent ensuite pour améliorer leur niveau de vie alors que pour le peuple rien n’évolue. Il ne faudrait même pas faire d’élection, car tout est déjà joué d’avance. »

Cela fait presque trois mois qu’il n’y a pas d’Assemblée nationale à Madagascar. Le mandat des députés a pris fin début février et depuis, c’est le président de la République qui peut légiférer par ordonnance.

Les résultats provisoires de ce scrutin sont attendus mi-juin.

► À (ré)écouter : Toavina Ralambomahay, analyste politique, est notre invité Afrique jour

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.