À Madagascar, les législatives marquées par la faible participation

Il n'y a pas eu foule dans les bureaux de vote malgaches, lundi 27 mai 2019.
© RIJASOLO / AFP

Quelque 10 millions de Malgaches étaient appelés aux urnes pour choisir leurs députés lundi 27 mai. Une élection qui s’est déroulée dans le calme, mais sans grand engouement.

« Il n’y a pas encore de chiffres, mais d’après ce qu’on a pu observer, la participation est faible en général, a estimé le vice-président de la Céni, Thierry Rakotonarivo, précisant : Dans certaines circonscriptions, nous avons vu des taux de 50% à 60%, dans d’autres même pas 10% ». L’observatoire de la société civile Safidy a relevé une participation de 24% à midi pour ces élections législatives malgaches.

Au lycée Jean-Joseph Rabearivelo, dans le centre d'Antananarivo, lundi, les membres des bureaux de vote ont passé leur journée à attendre les électeurs. Tahina, président de l’un des bureaux d’Analakely, quartier du centre de la capitale malgache, fait le constat à l’heure du dépouillement. « Il y a beaucoup moins de monde, note-t-il. Le taux de participation ici est de 30% alors qu’à la présidentielle, c’était plus 45%. »

Une participation faible pour ces élections législatives qui traduit une lassitude chez les Malgaches. La précédente législature avait été entachée d’affaires de corruption. « J’ai ma carte d’électeur, mais je n’ai pas du tout envie d’aller voter, confie Roméo, 32 ans. La plupart des candidats sont juste de beaux parleurs qui veulent attirer les électeurs. Mais une fois qu’ils ont obtenu leur siège, ils agissent pour leurs propres intérêts. Donc, ce ne sont pas des porte-parole du peuple, mais des égoïstes. À la présidentielle, j’ai voté blanc. Les histoires des politiques me fatiguent. »

Ando, 29 ans, s’est déplacée pour aller voter dans le quartier de 67 hectares, mais sans grande conviction. « Lors de la précédente Assemblée nationale, je n’ai jamais vu une loi qui a eu un impact positif pour le peuple. Je place mon espoir dans les mains des candidats indépendants. Ça va peut-être pouvoir changer un peu avec eux. J’en ai assez des partis politiques », explique-t-elle.

Cette élection oppose aussi deux grands clans, l’IRD, la plate-forme qui soutient le président Andry Rajoelina, et le TIM de l’ancien chef d’État Marc Ravalomanana, candidat malheureux au second tour de la présidentielle. Les résultats provisoires sont attendus mi-juin.

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