Mozambique: l’aide humanitaire peine à arriver aux sinistrés des deux cyclones

Photo prise le 1er mai 2019 dans un village situé au nord de Pemba, chef-lieu de la province de Cabo Delgado, dans le nord du Mozambique, frappé par le cyclone Kenneth.
© REUTERS/Mike Hutchings

Au Mozambique, la situation humanitaire reste toujours très préoccupante dans le centre et le nord du pays, plusieurs semaines après le passage de deux cyclones. Fin avril, Kenneth a frappé la région de Cabo Delgado, dans l'extrême nord du pays, tuant plus de 40 personnes. Quelques semaines plus tôt, le cyclone Idai avait frappé violemment la ville de Beira et la province de Sofala, dans centre du pays. Le nombre de victimes dépasse les 600 personnes. A cette heure, l'aide humanitaire peine encore à arriver jusqu'aux sinistrés.

Plus de 200 000 sinistrés dans la région de Cabo Delgado, à l'extrême nord du pays et plus de 600 000 personnes en besoin d'aide humanitaire d'urgence dans la province de Sofala, au centre du pays. Le bilan du passage des cyclones Idaï et Kenneth affiche des chiffres vertigineux.

La plupart des sinistrés ont perdu leurs habitations et l'ensemble de leurs biens. L'aide humanitaire d'urgence peine à arriver jusqu'aux victimes. Il faut d'abord surmonter les difficultés de liaison puisque les routes ont été ravagées par les cyclones et les pluies diluviennes qui les ont suivis. A cela s'ajoute, dans la province de Cabo Delgado, à l'extrême nord du pays, l'insécurité entretenue par certains groupes armés. Au début de ce mois de mai, trois villages du district de Macomia, au nord de Pemba en ont encore fait les frais.

Le travail des humanitaires est d'autant plus difficile que les finances ne suivent pas. Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime avoir besoin de 170 millions de dollars, rien que pour l'aide d'urgence dans le nord et le centre. A cette heure, l'agence des Nations unies en a reçu moins de la moitié.

Par ailleurs, la situation risque de s'aggraver encore plus car la campagne agricole dans le nord et le centre a été complètement ruinée par les deux cyclones qui ont frappé, juste avant les récoltes de mai. C'est donc toute la sécurité alimentaire de ces deux régions qui est aujourd'hui en péril.

Il y a 750 000 ha de cultures qui ont été perdues parce qu’elles étaient complètement inondées. Après les cyclones, il y a eu des pluies torrentielles et donc, ces terres ne sont plus cultivables aujourd’hui.

Campagne agricole complétement ruinée dans le nord et le centre du pays
27-05-2019 - Par Gaëlle Laleix

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