Trafic de kevazingo au Gabon: l'enquête soulève encore bien des questions

La Société nationale des bois du Gabon à Owendo, le port de Libreville, en octobre 2012.
© AFP PHOTO / STEVE JORDAN

Après les limogeages du vice-président de la République, Pierre Claver Maganga Moussavou et du ministre des Forêts, Guy-Bertrand Mapangou dans le cadre d'une enquête en cours après la saisie et la disparition de plusieurs cargaisons de kevazingo, un bois précieux notamment prisé en Asie. L’enquête est loin d'être bouclée dans ce qui est devenu une affaire d'Etat. Le directeur général des douanes a été placé mardi sous mandat de dépôt. Quant au chef présumé du réseau, François Wu, il est toujours recherché par la justice. Dans un enregistrement diffusé hier et authentifié par son avocat, il parle de « mensonges » et se décrit comme un « bouc émissaire ».

Le vice-président et le ministre des Forêts limogés, une dizaine de hauts cadres de l'administration gabonaise suspendus. Selon une bonne source, 13 personnes seraient inculpées dans cette affaire, 10 fonctionnaires et 3 ressortissants chinois.  Alors que l'enquête se poursuit, une source proche de la présidence affirme que d'autres têtes devraient bientôt tomber, qu'il n'y aura dans cette affaire aucun passe-droit.

Mais à Libreville, beaucoup s'interrogent. Pierre Claver Maganga Moussavou et Guy-Bertrand Mapangou ne sont-ils pas plutôt  victimes de « règlements de comptes politiques » ? « D'autres ministres pourraient être impliqués, pourquoi semblent-ils épargnés ? Quel  est dans cette affaire le rôle de l'Office des ports et rades du Gabon ? »  se demande l'économiste Mays Mouissi.

Autre question, le procureur de la République a affirmé que sur les 353 containers disparus, 200 ont été localisés dans d'autres dépôts ? Où sont les autres ? Combien contenaient effectivement du Kevazingo ?

« 353 containers, cela ne se déplace pas comme ça. C'est plus haut qu'un immeuble de 20 étages, Il y a de quoi être circonspect », conclut  Mays Mouissi. Responsable de l'ONG Brainforest au Gabon, Marc Ona suit l'affaire de près. « C'est une véritable boite de pandore qui a été ouverte », se réjouit-il.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.