RCA: une plate-forme d'opposition réclame l'arrestation de deux chefs ex-Seleka

Des soldats de l'ex-Seleka dans un pick-up, au nord de Bangui le 27 janvier 2014 (image di'llustration).
© REUTERS/Siegfried Modola

En RCA, le Front uni pour la défense de la nation qui regroupe jusqu'ici 24 signataires, dont les principaux partis d'oppositions, la société civile et des syndicats vient de voir le jour. Dans leur manifeste, ils exigent du président notamment qu'il démette de leurs fonctions de conseillers militaires les principaux chefs ex-Seleka et leurs représentants dans les institutions centrafricaines, des postes qu'ils ont tous obtenus en application de l'accord de paix de Khartoum, signé à Bangui en février 2019. Autre exigence et pas la moindre, l'arrestation de deux chefs ex-Seleka, Sidiki Abass et de Ali Darassa, accusés d'être les responsables des tueries qui se sont déroulées après la signature de cet accord.

Un accord de paix qui ne marche pas, selon eux, et qui les exclut, un président qui ne penserait qu'à sa réélection avec l'aide de groupes armés qui continuent de tuer et de piller. Partis d'opposition, société civile et syndicats centrafricains estiment que « la patrie est en danger », surtout après les tueries de Paoua.

Ils ont donc décidé de créer cette plateforme qu'ils appellent en sango, la principale langue locale, « E zingo biani », « Réveillons-nous définitivement », explique Gervais Lakosso, l'une des principales figures de la société civile centrafricaine.

Et après avoir rendu publiques leurs exigences, ils vont se retrouver ce vendredi 31 mai pour décider de la suite de leur mobilisation. « Nous allons adresser une note avec la déclaration au chef de l’État. Et nous déclinerons le délai après lequel nous considérons que ce serait une fin de non-recevoir et que ne pas se rendre à une autre étape parce que nous pensons que la situation doit changer, le peuple centrafricain est prêt à prendre ses responsabilités », explique Gervais Lakosso.

La présidence centrafricaine a réagi vivement dès jeudi. Elle dénie à ce groupe toute légitimé pour donner des injonctions à un chef de l'État élu légitimement. « Curieusement, ce sont des gens qui ont accompagné la rébellion quand la rébellion est arrivée en République centrafricaine, qui se trouvent en première ligne aujourd’hui. Des pyromanes qui veulent se muer en pompiers. Mais ce qu’ils oublient, c’est que la justice est en train de réunir des dossiers sur eux. Ils vont répondent de leurs actes » prévient Albert Yaloké Mokpemé, le porte-parole du chef de l'État.

Le bras de fer semble désormais engagé entre les deux parties.

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