Retour du corps d’Étienne Tshisekedi: l’UDPS célèbre son héros

Félix Tshisekedi et son épouse Denise Nyakeru devant le cercueil contenant le corps d'Étienne Tshisekedi, à Kinshasa, le 30 mai 2019.
© REUTERS/Kenny Katombe

Les militants de l’UDPS ont passé la nuit devant le siège du parti fondé par Étienne Tshisekedi dans le quartier Limete de Kinshasa. Ils ont célébré la vie de leur héros dont la dépouille est de retour. Entre concerts improvisés et rassemblement de la jeunesse congolaise, les Congolais ont laissé éclater leur joie.

Ils sont des centaines à camper devant le siège de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). De blanc vêtu, Katumba s’apprête à passer sa deuxième nuit ici : « Depuis le jour où on l’a annoncé, depuis lundi si j’ai bonne mémoire, les gens sont toujours ici. Ils passent la nuit. Hier, comme on avait le programme du matin, les gens ont déjà passé une nuit à l’aéroport ».

Juste à côté, un groupe de jeunes évoque les grandes étapes de la vie politique de celui qu’ils appellent « papa Étienne ». Pour Dieudo, c’est un moment historique : « Je vais raconter à mes enfants. Je vais leur dire qu’il y avait un homme. Il s’appelait Étienne Tshisekedi. C’est pour moi un phénomène. On parle de la politique. On parle de l’histoire d’Étienne Tshisekedi. On parle de tout ce qu’il a fait pour notre pays. C’est de ça qu’on parle ici ».Parmi les militants, plusieurs disent qu’ils vont passer la nuit devant le siège jusqu’à l’enterrement de leur héros.

« Un homme qui sait s’oublier pour l’intérêt général »

Les anciens compagnons de route d’Étienne Tshisekedi, toujours présents, se remémorent, eux, le personnage tel qu’ils l’ont connu. Gabriel Kyungu Wa Kumwanza, un des parlementaires ayant signé la lettre ouverte à Mobutu Sese Seko avec Étienne Tshisekedi, témoigne du caractère déterminant du « Sphinx » de Limete : « C’est un homme qui ne connaît pas la peur. C’est un homme qui sait ce qu’il veut et qui tient à ce qu’il veut pour que cela puisse réussir. Je garde un grand souvenir d’un vrai combattant et d’un homme qui sait s’oublier pour l’intérêt général ».

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Corneille Mulumba, un des premiers disciples d’Étienne Tshisekedi, raconte ses rapports tumultueux avec le leader du parti : « J’avais été exclu du parti trois mois après la reconnaissance officielle, donc au mois d’août 1990. Pourquoi ? Parce qu’il était question de former à ce moment-là un gouvernement d’union nationale. Et pour moi, il n’était pas question d’un gouvernement d’union nationale avant que le parti ne se soit réorganisé ». Étienne Tshisekedi est resté constant dans sa lutte pour la démocratie. Il avait toujours décliné toutes les offres pour participer au pouvoir qu’il combattait.

Une mémoire vive aussi chez les jeunes

Beaucoup de jeunes reconnaissent l’ancien président de l’UDPS comme une référence dans la politique congolaise. Certains l’appellent « papa » et d’autres par ces nombreux autres surnoms : « Pour moi, je l’appelle "le leader". Pourquoi "leader" ? Parce que c’est quand même un politicien qui s’est imposé, qui a fait que le pays puisse connaître la démocratie. On vivait dans la dictature avec Mobutu, parce qu’il n’y avait qu’un seul parti politique, le parti-État ».

Ils évoquent l’héritage politique d’Étienne Tshisekedi. Certains se souviennent de ses phrases les plus marquantes dans ses discours : « Le plus grand héritage qu’il nous a laissé : l’amour du pays. Puis son adage éternel, c’est-à-dire le peuple d’abord. Le peuple d’abord, c’est ça l’héritage politique qu’il nous a laissé. Puis, j’ai encore retenu lors de son dernier meeting : "Prenez-vous en charge" ».

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D’autres jeunes se souviennent de l’homme politique qui n’a pas souhaité prendre les armes pour changer les choses : « Ce papa-là n’était pas un homme politique. Il fit une pensée. Aujourd’hui, nous tous, jeunes, qui voulons faire de la politique, à part [Patrice] Lumumba, nous nous inspirons de "papa Tshisekedi". Il nous a démontré qu’en politique, même sans les armes, même sans la violence, on pouvait émettre un avis contraire et être entendus ».

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