Dans un an, Africa 2020: le point avec N’Goné Fall, commissaire générale

Copie d'écran d'un entretien accordé par N’Goné Fall au ministère de l'Europe et des Affaires étrangères.
© Ministère de l'Europe et des Affaires étrangères

Regarder et comprendre le monde d'un point de vue africain : c'est l'ambition de la saison Africa 2020 qui sera lancée dans un an exactement. Un projet voulu par le président français Emmanuel Macron dans le cadre d'un nouveau partenariat avec l'Afrique.

Pendant six mois, de juin à décembre 2020, des artistes, des entrepreneurs, des sportifs de tout le continent seront invités à s'exprimer partout en France. Pour N'Goné Fall, la commissaire générale d'Africa 2020, il s’agit de mettre en avant « les protagonistes innovants qui font bouger les sociétés ».

RFI : Pourriez-vous nous rappeler les grandes lignes de la saison culturelleAfrica 2020 ?

N’Goné Fall : D’abord, ce n’est pas une saison uniquement culturelle, c’est une saison sur les sociétés en Afrique. Quelles sont les idées qui traversent le continent et qui débouchent sur de la production intellectuelle et artistique. Donc j’ai invité quatre personnalités du continent à réfléchir, à trouver des dénominateurs communs à l’échelle de ce continent de plus de 1,2 milliard de personnes sur les 54 pays.

► Lire aussi : Qui est N’Goné Fall, commissaire générale de la saison Africa 2020 ?

L’idée est donc d’inviter les Français à regarder et à comprendre le monde d’un point de vue africain et de vraiment passer en revue tous les secteurs d’activité, que ce soit la création artistique, mais aussi la recherche scientifique, les innovations technologiques, l’état de nos économies sur le continent, les entrepreneurs, les incubateurs, les start-ups, le développement durable, l’architecture, la mode, le design, etc., tout ce qui fait bouger une société et qui sont les protagonistes innovants qui font bouger ces sociétés.

Nous sommes à douze mois du lancement de cette saison Africa 2020, cela veut dire que les appels à projets sont bouclés ? Où est qu’on en est précisément, aujourd’hui ?

Nous n’avons pas fait d’appel à projets formel, sinon, j’imagine, nous aurions été noyés dans plus de 4 milliards de propositions. Ce qu’on a fait avec les équipes de l’Institut français à Paris, c’est de faire un tour de France pour expliquer en quoi cette saison était exceptionnelle - par son envergure, par son ambition - et trouver des institutions, des individus qui avaient le bon état d’esprit. On parle d’idées et aussi de faire un projet panafricain. Il n’est pas question d’avoir des focus pays, régions, langues, groupes ethniques, etc.

Tout ça, c’est dépassé, les focus sénégalais, les focus nigérians, les focus kenyans ?

Et les focus francophonie... Il faut que la France sache, le continent ne parle pas que français. Il parle aussi arabe, portugais, anglais et aussi espagnol, puisqu’il y a la Guinée équatoriale.

Le continent ne parle pas seulement français, vous l’avez rappelé, néanmoins, le parrain et la marraine sont Angélique Kidjo et Youssou N’Dour. Ils sont, certes, des artistes très talentueux, mais francophones et pas forcément de la nouvelle génération, d’ailleurs.

En effet. Angélique Kidjo et Youssou N’Dour ont été désignés parrain et marraine par les services de l’Élysée. Par rapport à Angélique Kidjo, c’est surtout l’envergure qu’elle a en Afrique de l’Ouest et surtout par rapport au Nigeria. Elle parle couramment le yoruba. Youssou N’Dour, parce que c’est une star planétaire.

Et ancien ministre…

Oui, ancien ministre de la Culture du Sénégal. L’idée c’est donc d’avoir ces deux personnalités anciennes. Parce que, même si la saison c’est un focus sur les jeunes, cela ne veut pas dire que le monde commence avec les jeunes. C’est toujours bien d’apprendre de ses aînés et de se souvenir que ce continent a une histoire qui remonte à plusieurs millénaires et que, d’avoir une saison dédiée à la jeunesse, mais portée par des aînés, c’est un peu comme transmettre le bâton.

Ce n'est pas une saison uniquement culturelle, c'est une saison sur les sociétés en Afrique

Entretien avec N’Goné Fall
03-06-2019 - Par Sébastien Jédor

Financièrement, cette saison Africa 2020 comment va-t-elle s’organiser ? Pour être indépendant financièrement, ne faut-il pas reposer uniquement sur l’Institut français ?

L’Institut français reçoit des fonds publics. Il y a ensuite, au sein de l’Institut français, le département mécénat qui lève des fonds auprès des entreprises privées. Et il y a ensuite les institutions culturelles, scientifiques, qui vont participer à la saison et qui vont aussi apporter une part du financement de leur projet. Donc la saison, c’est un montage financier partenariat public-privé.

Avez-vous des assurances que les artistes ou les professionnels qui viendront pour la saison Africa 2020 en France auront leur visa ? C’est souvent un grief que l’on entend de la part des créateurs, des artistes, des entrepreneurs africains. Quand ils veulent venir en France, souvent ils se heurtent à l’administration. Souvent on tatillonne.

En effet. J’ose espérer, puisqu’il s’agit d’un projet présidentiel et que nous avons été invités de façon officielle, que l’administration suivra et que les services diplomatiques aussi suivront. Une invitation, cela veut dire effectivement qu’on ouvre les portes et on délivre les visas.

► Plus sur Africa 2020 sur le site de l'Institut français

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.