RDC: les recommandations du FMI après 15 jours de mission

Le président congolais Félix Tshisekedi et la directrice générale du FMI Christine Lagarde, à Washington, le 5 avril 2019. (Photo d'illustration)
© STEPHEN JAFFE / INTERNATIONAL MONETARY FUND / AFP

Le Fonds monétaire international (FMI) a achevé, mercredi 5 juin, sa mission de quinze jours en République démocratique du Congo (RDC), au cours de laquelle il a formulé d’importantes recommandations, et notamment insisté sur l’urgence qu’il y a à augmenter les recettes fiscales, en particulier celles issues du secteur minier qui ne bénéfice que trop peu à la population.

Pendant quinze jours et pour la première fois depuis 2015, le Fonds monétaire international a passé en revue l'économie du pays. Cette mission donnera lieu à un rapport qui sera soumis fin août au conseil d’administration du FMI.

Une mission très attendue par le nouveau chef de l’État Félix Tshisekedi, car c’est l’occasion pour lui non seulement de dresser un état des lieux de la gestion réputée opaque de son prédécesseur, mais c’est aussi un préalable à l’ouverture de possibles négociations sur un éventuel programme financier entre la RDC et le système de Bretton Woods. Un programme souhaité par Félix Tshisekedi et qui pourrait lui donner plus de marge de manœuvre pour répondre aux immenses besoins en développement du pays.

Le FMI déplore la faiblesse des recettes fiscales de la RDC au regard des richesses produites dans le pays. Des recettes de l’ordre de 9% à 10% du PIB seulement, selon le représentant local de cette institution, Philippe Egoumé, soit « plusieurs points en deçà de la moyenne de l'Afrique subsaharienne », dit-il. Largement en dessous, surtout, de ce que devrait en théorie rapporter le secteur minier, admet Jean-Luc Mutokambali, président sortant de la commission économie et finances de l’Assemblée nationale congolaise.

Une déperdition des ressources « symptomatique des problèmes de gouvernance et de corruption qui freinent » l’économie de la RDC et la lutte contre la pauvreté très élevée, souligne un observateur.

Comment donc augmenter ces recettes ? C’est là-dessus que le FMI a concentré ses recommandations, en plaidant notamment pour une fusion des différentes régies fiscales, actuellement très éparpillées ce qui ne facilite pas la transparence.

Le FMI a également plaidé pour que l’Assemblée nationale joue son rôle dans le contrôle des dépenses publiques, presque inexistant. Le FMI s’est dit globalement « satisfait » du degré de coopération des nouvelles autorités et des premières informations mises à leur disposition, mais l’état des lieux est encore loin d’être exhaustif. Le Fonds reste notamment en attente de certaines informations sur l’état financier de plusieurs entreprises publiques, minières mais pas seulement et de leur niveau d’endettement.

Reste à savoir maintenant, précise un expert, si les nouvelles autorités auront la volonté et les moyens de mettre en œuvre les réformes suggérées, dans la configuration actuelle où l’ancien régime conserve d’importants leviers, et alors que le patron de l’entreprise minière Gécamines, Albert Yuma, dont la gestion a été décriée par plusieurs organisations anti-corruption, vient d’être reconduit à son poste.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.