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Soudan

Soudan: des divisions apparaissent au sommet de l’État

Mohamed Hamdan Dagalo dit Hemeti, chef des janjawid, la Force d'action rapide soudanaise, à Karthoum, le 18 mai 2019.
© REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

Au Soudan, la situation reste toujours tendue après le massacre de lundi contre les civils perpétré principalement par les Forces de soutien rapides, une milice paramilitaire contrôlée par Hemeti, le numéro deux de la junte. Le chef du Conseil militaire, Abdel Fatah al-Burhan a présenté des excuses et serait prêt à rouvrir les négociations. Hemeti lui reste droit dans ses bottes. 

Dans les rues de Khartoum, ce sont les Forces de soutien rapide qui ont le pouvoir. La milice paramilitaire, connue pour sa brutalité et principal auteur du massacre de lundi, a déployé ses hommes, ses pickups et ses mitrailleuses dans de nombreux quartiers de la capitale.

Preuve de sa force, selon différentes sources, les FSR, dirigées par Hemeti, le numéro 2 de la junte, avaient même neutralisé voire désarmé une partie de l’armée régulière avant d’attaquer le sit-in. Autant la milice est honnie et crainte par les habitants, autant les soldats de base sont relativement appréciés, car ils n’auraient quasiment pas participé à la répression lorsqu’Omar el-Béchir était encore à la présidence et que son pouvoir vacillait.

Il n’empêche que du point de vue politique, la situation est moins claire. Selon le chercheur Rashid Abdi, le Conseil militaire serait divisé depuis l’attaque du sit-in et une partie de ses membres souhaiteraient qu’Hemeti se retire. Le chef des RSF aurait refusé et même menacé les autres officiers. « Ça laisse craindre de graves violences », commente Rashid Abdi.

Le risque d’un nouveau coup d’État

Plusieurs spécialistes vont plus loin dans le scénario et confirment les divisions au sein des forces armées, qui pourraient aller jusqu’à une rupture catastrophique. « Le massacre de lundi pourrait entraîner un nouveau coup d’État, peut-être par des officiers plus jeunes. Et si cette action échoue, on risque la guerre civile », indique Jean-Baptiste Galopin. Selon lui, le processus politique est mort et le Conseil militaire ne peut diriger le pays que par la peur. Seule une démission de CMT pourrait sortir le pays de la crise, dit-il.

Mais pour trouver une issue, tous les experts l’assurent, la communauté internationale doit peser de tout son poids. Or les réactions des Européens ou des Américains sont jugées beaucoup trop timides. Quant à l’Arabie saoudite, aux Émirats et à l’Égypte, ils n’ont pas retiré leur soutien aux putschistes.

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