Gabon: dix ans après la mort d'Omar Bongo, un héritage familial complexe

L'ancien président gabonais Omar Bongo lors du sommet Union européenne-Afrique, qui s'est tenu à Lisbonne le 8 décembre 2007.
© AFP/Eric Feferberg

Cela fait dix ans qu’Omar Bongo est décédé à Barcelone, en Espagne. Samedi 8 juin, jour anniversaire, plusieurs chefs d’État africains sont invités, comme Denis Sassou-Nguesso du Congo-Brazzaville, Ibrahim Boubakar Keïta du Mali, ou Teodoro Obiang Nguema de la Guinée équatoriale. Une cérémonie œcuménique est prévue ce jour-là. Un grand concert gratuit sera également donné. La question de l’héritage, elle, reste complexe.

Omar Bongo a eu de nombreux enfants... 54 enfants reconnus. 54 enfants, c'est autant d'héritiers. Dix ans après la mort de l'ancien président, la question de la succession n'est toujours pas réglée. Le dossier est très complexe.

L'immense fortune laissée par Omar Bongo est estimée à plusieurs centaines de millions d'euros. Des biens immobiliers, des parts dans des sociétés, des comptes bancaires aussi dont deux à Monaco. Ali et Pascaline Bongo sont les deux légataires universels. C’est-à-dire qu’ils se partageront, à eux deux, la moitié de l'héritage. En 2014, Pascaline Bongo, qui gérait la succession en qualité de mandataire unique, a été évincée par son frère.

Des implications diplomatiques

L'affaire a également ses implications diplomatiques, puisque parmi les héritiers figurent Yacine Queenie et Omar Denis, deux petits-enfants de Denis Sassou-Nguesso. Contestant les droits à la succession du chef de l'État, la fille de Chantal Myboto-Gondjout, elle aussi héritière, s'est emparée de la polémique sur l'état civil d'Ali Bongo à peine un an avant la présidentielle de 2016.

De péripéties en rebondissements, de jeu d'alliances en règlements de comptes, la succession n'est toujours pas réglée. « Certes, il y a eu des attributions partielles, mais le dernier mandataire judiciaire a été suspendu », souligne un avocat, qui ironise : « S'il y a du monde dans l'avion, on a l'impression qu'il n'y a plus personne dans le cockpit ». « La raison finit toujours par l'emporter sur la passion. Tout se fait de manière légale et dans le respect de la famille », assure une autre source proche du dossier.

► À réécouter : ARCHIVES D'AFRIQUE Portrait d'Omar Bongo (1/18)

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