Sénégal: les conséquences politiques de «l’affaire Aliou Sall»

Aliou Sall a vigoureusement réfuté les accusations de corruption portées contre lui par la BBC, lors d’une conférence de presse, le 3 juin 2019 (illustration).
© Guillaume Thibault/RFI

Au Sénégal, l’affaire liée aux marchés pétroliers obtenus par BP se déplace sur le terrain politique. Une réunion des cadres de la coalition présidentielle s’est tenue dimanche 9 juin, à huis clos. Objectif, trouver la stratégie afin de réagir aux mises en causes de l’opposition, qui demande la démission d’Aliou Sall, le frère du président Macky Sall. D’après une enquête diffusée par la BBC il y a une semaine, Aliou Sall aurait touché 250 000 dollars de la part d’un homme d’affaires à la réputation sulfureuse, Franck Timis. La majorité ne compte pas se laisser faire.

Au siège de l’Alliance pour la République, la réunion devait être ouverte à la presse. Elle s’est finalement tenue loin des micros et caméras ce dimanche.

Officiellement, cette discussion entre les cadres de la coalition du président Macky Sall est un « panel pour évoquer l’actualité ». En réalité, il s’agit de mettre en place le plan de bataille de la semaine. Que faire face à l’opposition menée par l’axe Ousmane Sonko, Abdoul Mbaye, Mamadou Lamine Diallo ?

Il faut répondre sur le seul volet politique, explique un proche du président. « Cette affaire n’est pas bouclée, mais nous avons dit ce que nous avions à dire. Nous mènerons uniquement la bataille sur le terrain politique, jusqu’au bout ». À ceux qui réclament la démission d’Aliou Sall, toujours directeur de la Caisse des dépôts, le même proche balaye tout limogeage. « Nous n’agissons pas sous la pression. Nous sommes un État. »

Une détermination affichée, mais ce que beaucoup appellent désormais l’affaire Aliou Sall risque bien d’empoisonner l’agenda du président. De l’aveu même d’un poids lourd de la coalition au pouvoir Benno Bokk Yaakaar, « cette affaire tombe au pire moment ». C’est à dire au début de la séquence du dialogue national, lancé le 28 mai.

Journée test ce mardi, une réunion se tiendra au ministère de l’Intérieur pour que pouvoir et opposition se concertent sur le processus électoral. Reste à savoir si les opposants qui ont répondu présents le 28 mai continueront à venir.

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