Soudan: Khartoum sort de la paralysie en attendant de nouvelles négociations

Des Soudanais sur le chemin du travail, à Khartoum, le 11 juin 2019.
© REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah/File Photo

Au Soudan, le mouvement de contestation a mis fin à la campagne de désobéissance civile lancée après la répression sanglante de l'armée.

La vie dans la capitale soudanaise continue de reprendre. Même si la situation n’est pas encore revenue à la normale, le trafic s’intensifie, les transports se remettent en route et on voit davantage de boutiques ouvertes.

Certains magasins sont néanmoins toujours fermés. On sait qu’une partie de la population craint encore des violences et que la situation reste volatile. Les Soudanais redoutent surtout la milice paramilitaire FSR, principale auteure du massacre du 3 juin contre le sit-in à Khartoum.

Outre ce bain de sang, les FSR n’ont pas hésité à se comporter en délinquants, arrêtant, battant les gens ou leur volant leur argent et leurs téléphones. 

Mouvement à bout de souffle

Les travailleurs journaliers, en particulier, avaient beaucoup de peine à maintenir la grève plus de quelques jours, à cause de leurs difficultés financières. Le mouvement de désobéissance civile était déjà clairement en train de s’essouffler ce mardi.

Pour autant, la Coalition civile s’est félicitée de la mobilisation qui prouve, selon elle, le rejet du Conseil militaire par la population et la perte de légitimité des putschistes. L’Alliance a d’ailleurs affirmé qu’elle n’hésiterait pas à relancer ce type d’action.

Des négociations sous conditions

Côté politique, si mardi soir la médiation éthiopienne informait de la reprise des discussions et la reprise « très prochainement » des négociations, l’annonce a peut-être été un peu rapide.

Il y a bien eu des concessions de part et d’autre. La désobéissance civile est donc suspendue et le Conseil militaire a accepté de libérer tous les prisonniers politiques. Mais plusieurs leaders de la coalition civile ont nié toute reprise du dialogue à moins que les militaires ne répondent à une série d’exigences.

Ils réclament le rétablissement d’internet, le retrait des FSR de Khartoum, l’ouverture d’une commission d’enquête sur le massacre du 3 juin, ou encore que le CMT reconnaisse sa responsabilité dans la contestation. Les meneurs de la contestation ont aussi annoncé qu’ils publieraient bientôt la composition de leur propre instance dirigeante avec un Premier ministre.

Affaire à suivre donc, d’autant que Tibor Nagy, le secrétaire d'État américain adjoint chargé de l'Afrique, doit venir cette semaine à Khartoum.

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