Mali: à Sobane, le président IBK appelle à renoncer aux «actes de vengeance»

Le président malien Ibrahim Boubacar Keïta, ici lors de la fête nationale à Abuja au Nigeria, le 12 juin 2019. (Photo d'illustration)
© REUTERS/Afolabi Sotunde

Après le Premier ministre malien, c'est le président Ibrahim Boubacar Keïta qui s'est rendu ce jeudi 13 juin dans le village de Sobane, attaqué dimanche par des hommes armés. Il s'est notamment recueilli devant la fosse commune où ont été inhumés les 35 civils tués. Il a demandé de ne pas se livrer à des « actes de vengeance ».

C’est à bord de l’hélicoptère de la Mission de l’ONU au Mali que le chef de l’État malien est arrivé sur les lieux du massacre. Accueilli à Sobane par un préfet, Ibrahim Boubacar Keïta se dirige immédiatement devant la fosse commune où sont enterrés les 35 civils tués et identifiés. L’archevêque de Bamako, Monseigneur Jean Zerbo, qui accompagnait le président, se met en face de la fosse. Il prie pour que l’âme des disparus, tous catholiques, repose en paix. Un moment d’émotion, selon les témoins. La prière dure au moins une quinzaine de minutes. Le chef de l'État malien s'est incliné « pieusement sur la mémoire de tous ceux qui ont été martyrisés à Sobane et qui ont perdu la vie dans des conditions d'inhumanité absolue ».

Autre moment fort de cette visite éclair, le déplacement à l’intérieur de ce qui reste du hameau. Un turban autour du coup, Ibrahim Boubacar Keïta marche lentement. Devant une case brûlée par les assaillants, le chef du village explique : « Ici, les assaillants ont commencé par tuer le père de famille, ensuite la mère et tous les enfants ».

Il y avait une croix qui marquait bien que sont enterrés dans ces grandes tombes des membres de la communauté catholique de Sobane.

Cardinal Zerbo, archevêque de Bamako
14-06-2019 - Par Michel Arseneault

Face à la tragédie, le président a tenu à affirmer qu'il fallait éviter les amalgames et qu'il ne s'agissait pas d'un conflit inter-ethnique. « Les Dogons et les Peuls, ce sont deux communautés qui ont toujours vécu en parfaite symbiose. Tous ceux qui élaborent aujourd'hui des thèses douteuses devraient revoir leur copie. En tout cas, ne pas jeter de l'huile sur le feu : il n'y a aucun conflit inter-ethnique, je le dis très clairement, a-t-il insisté. Il y a une excroissance de ce que nous avons vécu dans le Nord et que nous vivons encore dans le Nord. »

Dernière étape de la visite, une rencontre avec les populations. Le président malien est assis à côté de l’archevêque de Bamako, Jean Zerbo, aux côtés de qui on reconnaît le ministre malien de la Défense. « Pas d’acte de vengeance, nous prendrons les dispositions pour renforcer la sécurité et traquer les criminels », a notamment déclaré le chef de l’État. Avant son départ, il a laissé un peu d’argent aux habitants de Sobane : cinq millions de francs CFA.

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