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RDC

RDC: violences en Ituri, polémique sur le nombre de victimes

Un véhicule des Nations unies patrouille dans la région de Djugu, en Ituri, mars 2018 (illustration).
© ALEX MCBRIDE / AFP

En RDC, de nouveaux chiffres concernant les violences en Ituri font polémique. Ces chiffres ont été livrés par la société civile de la chefferie de Bahema-Nord. Le président de cette structure évoque la découverte de 161 nouveaux corps à Djugu. Les autorités provinciales doutent de cette information.

Le gouverneur de l’Ituri dit ne pas être informé de cette nouvelle découverte macabre. Pour Jean Bamanisa Saïdi, joint au téléphone, il devrait plutôt s’agir d’un bilan global des violences dans le district de Djugu, depuis leur début il y a une semaine.

De son côté, Jean-Marie Ndjaza, le porte-parole de la communauté Lendu, la communauté opposée aux Hema, s’est réservé de confirmer le chiffre de 161 corps qui auraient été découverts le week-end dans la localité de Tché. Il reconnait cependant que la situation est très inquiétante.

Charité Banza Bavi, le président de la société civile de Bahema-Nord, lui cite l’armée qui, dit-il, « facilite la découverte des corps ». Il parle d’ailleurs « de chiffres provisoires, plusieurs personnes étant encore portées disparues ».

La communauté Hema refuse de parler d’affrontements intercommunautaires. En effet, dans une déclaration publiée le weekend à Bunia, la communauté Hema parle d'un « carnage perpétré par la milice Lendu dans le territoire de Djugu ». Elle menace également de boycotter tout dialogue ou conférence de paix qui seraient organisés, si la sécurité de ses membres n’est pas garantie par les autorités légalement établies.

« Ça fait trois fois déjà en deux ans qu’il y a des massacres »

L'ex député de la région, Dhetchuvi Matchi appelle les autorités à intervenir au plus vite. Affirmant que « les combattants lendu se sont entraînés pendant au moins trois-quatre ans » et que les autorités n'ont pas « voulu mettre fin à cette situation », l'ancien responsable politique estime que « le gouvernement congolais est totalement responsable de tous ces massacres ».

« Il y a eu plusieurs appels pour intervention, mais ils n’ont pas pu faire le travail à temps. Et voilà, aujourd’hui, il y a des massacres qui ont été perpétrés sur des populations civiles désarmées. En 2017 déjà, il y a eu en 2018, encore maintenant. Donc, ça fait trois fois déjà en deux ans, qu’il y a des massacres. Et ça, c’est inacceptable, inadmissible », s'exclame Dhetchuvi Matchi. « Il n’y a pas une protection efficace de la part des FARDC, de la part de la police de notre pays, là, où il y a un gouvernement. On ne peut pas accepter ça. Nous, nous sommes dans la logique de la paix. Nous ne sommes pas dans la logique de la guerre. »

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