Béchir déféré au parquet: «On a l'impression d'une grande mascarade»

L'ex-président soudanais Omar el-Béchir quitte le bureau du procureur en charge des affaires de corruption à Khartoum, le 16 juin 2019.
© REUTERS/Umit Bektas

Omar el-Béchir, président déchu du Soudan, a été déféré au parquet de Khartoum, dimanche 16 juin. Il n'était pas apparu en public depuis son arrestation, par l'armée, le 11 avril, en pleine contestation populaire. Cette arrestation mettait fin à trente ans de règne, à la tête du Soudan qu'il a dirigé d'une main de fer. Cette première comparution est le début d'un long processus judiciaire pour Omar el-Béchir.

Accusé de corruption, réception illégale de cadeaux et possession de devises étrangères, Omar el-Béchir ne sera resté que quelques minutes devant les juges du parquet chargé des affaires anti-corruption de Khartoum. Après lecture des actes d'accusation en présence de son avocat, il est en effet retourné en détention, escorté par un important dispositif de sécurité.

Ce déferrement fait suite à la saisie, peu après son arrestation, de l'équivalent de plus de 113 millions de dollars.

Un membre de l'équipe chargé de le défendre, et cité par la presse locale, explique que cet argent a été saisi dans son bureau du palais présidentiel et qu'il ne s'agissait pas d'argent public, mais de fonds étrangers d'urgence, en cas de situations difficiles dans le pays.

En somme, pour tenter de le disculper, sa défense reconnaît l'existence d'une caisse noire, mais affirme qu'elle était réservée au peuple. Ses avocats ajoutent qu'ils vont faire appel des accusations portées contre l'ex-chef de l’État. Omar el-Béchir est également poursuivi pour le meurtre d'un manifestant lors de la répression de la contestation.

La Cour pénale internationale (CPI) a aussi lancé plusieurs mandats d'arrêt à son encontre pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre lors du conflit au Darfour qui a fait près de 300 000 morts, selon l'ONU. Cependant, les militaires au pouvoir au Soudan ont indiqué qu'ils ne comptaient pas le transférer au tribunal international.

Selon la chaîne de télévision qatarie Al Jazeera, une délégation de la Commission des droits de l'homme de l'ONU a rendu visite à Omar el-Béchir en prison, auprès de laquelle il s'est plaint de ses conditions de détention.

C’est vrai qu’on a un peu l’impression d’une grande mascarade.

Raphaëlle Chevrillon-Guibert
17-06-2019 - Par Jeanne Richard

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