Présidentielle en Mauritanie: dernière démonstration de force des candidats

Chaque candidat cherche le plus de visibilité possible. Ici, des affiches installées directement sur les immeubles de Nouakchott, la capitale.
© RFI/Paulina Zidi

Toute dernière ligne droite en Mauritanie avant la présidentielle. Les candidats font leurs derniers meetings de campagne et mesurent leur popularité. Mais les regards sont aussi tournés vers le palais présidentiel, puisque le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz a annoncé qu’il tiendrait une conférence de presse juste avant la fin officielle de la campagne.

De notre envoyée spéciale à Nouakchott,

C’est par des SMS envoyés aux abonnés des réseaux téléphoniques mauritaniens que les candidats ont convié les électeurs à leurs derniers meetings de campagne.

« C’est la dernière bataille, la dernière démonstration de force », explique une journaliste mauritanienne. Et la démonstration est quasiment simultanée, car les principaux candidats, à savoir celui du parti au pouvoir, le général Ghazouani, Sidi Mohamed Ould Boubacar, soutenu par les islamistes modérés de Tawassoul, ou encore le leader anti-esclavagiste Biram Dah Abeid, prennent tous les trois la parole devant leurs militants à Nouakchott, la capitale.

Quelques kilomètres d’écart séparent donc les lieux des trois meetings. Et pour comparer l’affluence des rassemblements de ces trois candidats, un média diffusé sur les réseaux sociaux annonce avoir sorti les drones. « Comme ça, avec les images aériennes, on pourra tout de suite se rendre compte de la mobilisation », explique son directeur.

Le président Aziz clôt la campagne

Ensuite, dès minuit, heure de Nouakchott, ce sera le temps du silence électoral. Les candidats et leurs équipes de campagne n’auront plus le droit de s’exprimer en public. Les médias nationaux seront tenus à la réserve. Mais celui qui aura le mot de la fin, c’est le président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz. En effet, à la surprise générale, il a convoqué une conférence de presse ce soir après tous les meetings.

Une initiative déconcertante pour les candidats de l’opposition qui, à l’unanimité, font part de leur inquiétude. « On ne s’y attendait pas du tout, a confié un proche de Biram Dah Abeid. Aziz est capable de tout. » « C’est une intervention inopportune et provocatrice », ajoute le porte-parole du candidat Boubacar.

Même tension dans le clan Ghazouani, qui s’inquiète de voir le président sortant continuer à capter l’attention. « Quoi qu’il dise, au final, Aziz sera le dernier à avoir parlé, confie un proche du candidat de la majorité. C’est une manière pour lui de montrer qu’il détient encore les clefs du palais. »

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