Mondial féminin 2019 : Alain Djeumfa, l’art du dribble sans ballon

Le sélectionneur camerounais Alain Djeumfa entre ses joueuses et l'arbitre, l'art du compromis.
© REUTERS/Phil Noble

Durant toute la Coupe du monde féminine, que son équipe vient de quitter après une défaite en huitième de finale face à l’Angleterre, le sélectionneur du Cameroun est apparu énigmatique, avare en confidences et, finalement, calme au milieu de la tempête.

De notre envoyé spécial à Valenciennes,

Les amateurs de beau jeu se souviennent de ce dribble de Pelé par lequel le roi brésilien du football avait éliminé un gardien de but d’une feinte de corps, sans même toucher le ballon qui roulait devant lui. Durant toute la Coupe du monde féminine, le sélectionneur du Cameroun Alain Djeumfa a fait de même face aux micros de la presse, passant les questions une à une sans vraiment y répondre.

Pourtant, après la défaite face à l’Angleterre qui éliminait le Cameroun en huitième de finale ce dimanche à Valenciennes, les circonstances étaient propices à des envolées, à de la passion, à de la colère. Ses joueuses, plus tôt sur le terrain, ne s’étaient pas privées de dire à l’arbitre chinoise Liang Qin tout le mal qu’elles pensaient de sa prestation après deux décisions – un but accordé à l’Angleterre et un but refusé au Cameroun – qui avaient provoqué leur ire et une défaite sèche (0-3).

Alain Djeumfa, lui, n’a pas haussé le ton en conférence de presse. C’est à peine s’il a reconnu son propre sentiment. Son analyse de l’arbitrage ? « Vous parlez d’impression, je ne sais pas quelle impression vous avez eue en tant que journaliste. » Et quand un journaliste anglais insinue que, peut-être, l’arbitre a pris les bonnes décisions, il enchaîne avec une nouvelle feinte de corps : « Je ne vais pas faire de commentaire sur votre analyse. » Le sélectionneur est donc insaisissable.

Le football est un jeu

L’éducateur, lui, s’est révélé plus coopératif. Devant ses joueuses qui se demandaient avant la pause si elles allaient ou non continuer le match, il a fait en sorte que « la raison l’emporte sur la passion ». Ce titulaire d’une maîtrise de biochimie n’a pas toujours trouvé la bonne formule sur le terrain. Mais il a réussi à faire tenir debout une équipe durant toute la compétition. Très diplomatiquement, il a satisfait les pressions qui l'incitaient à aligner Gaëlle Enganamouit, pourtant hors de forme, sans faire pour autant de celle-ci une titulaire indiscutable. Il a aussi relégué sur le banc au bout de deux matchs Christine Manie, qui était pourtant capitaine en début de compétition.

Alain Djeumfa a mené sa barque malgré les remous et, en emmenant ses Lionnes en huitième de finale, a tiré le maximum d’une équipe trop déséquilibrée en termes de talent technique et de condition physique. Celui qui a débuté comme professeur de sport a même rappelé l’essentiel : « Le football est un jeu. » Avant de lâcher, enfin, son sentiment : « Ce soir l’arbitre s’est beaucoup trompée. » Sur cette action, le sélectionneur camerounais a bien dribblé avec le ballon…

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Infographie CDM féminine 2019 chiffres généraux © RFI

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