Bénin: le départ de Boni Yayi favorablement accueilli par la classe politique

L'ex-président béninois Boni Yayi, ici devant sa résidence dans le quartier de Cadjehoun, à Cotonou, le 19 avril 2019.
© Yanick Folly / AFP

Le 22 juin, l'ancien président Boni Yayi a finalement été autorisé à quitter le territoire béninois pour raisons médicales après que des violences dans sa ville natale ont fait plusieurs morts.

Le 22 juin dernier, le départ de l'ancien président béninois Boni Yayi est intervenu après qu'il a passé 50 jours bloqué dans sa résidence de Cadjehoun à Cotonou par un dispositif sécuritaire qui encerclait sa maison et après les violences qui ont éclaté notamment à Tchaourou, sa ville natale, et qui ont fait plusieurs morts à la suite de tirs à balle réelle.

►À (re)lire : Boni Yayi a quitté le pays pour se faire soigner

« C’est une excellente nouvelle, a réagi Komi Koutché, un des dirigeants du FCBE [Forces Cauris pour un Bénin émergent], le parti de Boni Yayi, par ailleurs ancien ministre de l'Économie et des Finances et qui vit aujourd'hui à l'étranger. Il faut pouvoir saluer les chefs d’État qui se sont impliqués pour aboutir à ce dénouement. À 67 ans, Boni Yayi avait une assistance médicale qui le maintenait en équilibre. Il venait d’en être privé pendant 50 jours, sans aucune procédure. C’est la preuve de l'arbitraire qui règne au Bénin depuis trois ans sous ce pouvoir de rupture et dont nous sommes victimes, nous, l’opposition. »

« Mais cela ne règle pas la crise, parce que la séquestration de Boni Yayi était une conséquence de la crise, sinon la crise elle-même, poursuit Komi Koutché. La vraie crise étant l’exclusion délibérée par le pouvoir en place de toute l’opposition béninoise des élections législatives passées. Tant que cette crise n’est pas réglée, c’est que le problème reste entier. »

Pas de nouvelles législatives en vue

Une source gouvernementale affirme que le chef de l'État béninois n'a cédé à « aucune pression de qui que ce soit ». « Abuja [Le Nigeria] ne lui a pas dicté sa conduite. Boni Yayi a demandé à être évacué et le président Patrice Talon a accepté », précise cette source. Député et ancien ministre, Jean-Michel Abimbola, président du groupe parlementaire du Bloc républicain [parti parrainé par Patrice Talon], se réjouit pour sa part qu'une solution ait finalement été trouvée pour Boni Yayi. Mais pas question, selon lui, d'envisager de nouvelles élections législatives.

« C’est heureux que le président Boni Yayi ait pu partir comme il le souhaitait pour aller se soigner, estime-t-il. C’était l’apogée de la crise, qui a été dénouée grâce à l’intervention des rois, sages et notables de Tchaourou. Et là, nous avons pu trouver des solutions internes. Pour autant, on peut comprendre que pour des positions politiciennes, cette opposition continue de réclamer l’impossible. Mais les élections ont eu lieu conformément à la loi. En revanche, j’avoue qu’il est nécessaire que nous nous parlions entre Béninois. Et nous sommes absolument disposés à ce que ce dialogue ait lieu dans les plus brefs délais. »

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