Soudan: la médiation africaine se poursuit dans un climat délétère

Une rue de Khartoum, la capitale soudanaise, le 11 juin 2019.
© REUTERS/Mohamed Nureldin Abdallah

Au Soudan, les médiateurs continuent leur travail alors que l’opposition au régime militaire annonce une nouvelle manifestation ce dimanche 30 juin afin que le pouvoir soit transmis aux civils. Des représentants de l’Éthiopie et de l’Union africaine (UA) sont présents dans la capitale soudanaise pour rencontrer les deux parties. 

L’Éthiopie et l’Union africaine (UA) tentent ensemble de trouver un accord pour sortir le Soudan de la crise. Selon une source proche du dossier, la médiation de l’UA au Soudan fonctionne dans « l’unité et l’harmonie » et est très avancée dans son travail. La médiation n’a pas voulu en dire plus mais affirme être en contact permanent avec tous les protagonistes.

Le 23 juin, la junte militaire a écarté une proposition présentée par l’Ethiopie et acceptée la veille par l’opposition. Les militaires affirment que cette proposition est différente de celle de l’UA et demande aux deux médiateurs un texte conjoint. Pour l’opposition, les solutions proposées par l’UA et l’Éthiopie sont les mêmes, le régime militaire cherche simplement à créer la confusion et gagner du temps.

Hostilité envers les militaires

Car après six mois de contestation au Soudan, la majorité des manifestants ne veut plus des militaires. Sami, une jeune militante interrogée par RFI, explique qu'ils étaient prêts à partager le pouvoir jusqu'aux élections. Mais après la répression sanglante, les militaires se sont tiré une balle dans le pied, selon elle. « Le conseil militaire a commis de nombreux crimes, pas juste lors de la répression du sit in, mais également dans les jours qui ont suivi, affirme-t-elle. Comment des gens qui ont commis de tels crimes, peuvent-ils faire partie de la solution ? Ce sont tous des criminels. Ils doivent être jugés par la justice. »

Nada, une autre militante, estime que les militaires ont sacrifié Omar el-Béchir pour se protéger mais qu'il s’agit toujours du même régime. « L’armée doit protéger les civils soudanais et non diriger un pays, déclare-t-elle. Il nous faut un gouvernement de transition mené par des civils, des élections organisées par des civils, ce qui permettrait d’avoir un gouvernement plus juste. Les généraux qui sont actuellement dans le Conseil militaire doivent le comprendre et pas juste être là par ambition personnelle ou pour leur fortune. »

D’autres Soudanais sont plus pragmatiques et pensent qu'ils ne pourront se débarrasser des militaires aussi facilement car ces derniers bénéficient du soutien de puissances étrangères comme l’Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis.

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