Contestations au Soudan: les hôpitaux s'organisent

Un blessé dans un hôpital de fortune aux abords du QG de l'armée soudaine à Khartoum, le 14 mai 2019.
© Mohamed el-Shahed / AFP

En attendant la prochaine manifestation du 30 juin prochain, la contestation soudanaise s’organise, tout comme les hôpitaux. Le 3 juin dernier, la répression des manifestants avait fait près de 130 morts.

Le directeur des urgences d’un hôpital de Khartoum, au Soudan, l'affirme : ils ne se laisseront pas déborder comme la dernière fois, le 3 juin. Ce jour-là, avec la répression violente des manifestants, les hôpitaux avaient été pris de court car ils n'avaient pas assez de médecins, ni de médicaments ou de sang. « On a été complètement pris par surprise, explique un médecin qui ne souhaite pas donner son nom. Beaucoup de gens sont arrivés aux urgences blessés et avaient besoin d’être opérés. Certains avaient été battus. D’autres avaient été blessés par balles. Ils saignaient abondamment et on avait besoin de sang. On a consommé énormément de sang en deux semaines ».

Donner le sang

À quelques jours, d’une nouvelle manifestation, cet hôpital a appelé les Soudanais à donner leur sang. Comme l'explique le directeur des urgences, le docteur Fadi Abdallah, l'établissement a constitué des réserves de médicaments et d’essence pour les générateurs, et surtout organisé des équipes. « La dernière fois, le gros problème était qu’on n’avait pas assez de monde, se rappelle-t-il. On n’avait que cinq docteurs et une infirmière. Le personnel avait peur. Ils ne pouvaient pas sortir de chez eux. Dès le deuxième jour, tout le monde était épuisé. Cette fois-ci, on est prêts ». Le directeur espère que cette fois-ci les forces de sécurité ne rentreront pas dans l’hôpital comme ils l’ont fait la dernière fois pour intimider les équipes soignantes.

« Prématuré » de s'engager dans une escalade

Le 26 juin, l'ancien Premier ministre et membre de l'opposition, Sadek al-Mahdi, a rejeté un appel à manifester contre le régime militaire, lancé par la principale force de la contestation, l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) qui prévoit une mobilisation ce 30 juin. Sadek Al-Mahdi, qui dirige le parti al-Oumma, a estimé « prématuré » de s'engager dans une escalade avant que le Conseil militaire ne se prononce sur un plan de transition préparé par la médiation éthiopienne et de l’Union africaine (UA).

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