Félix Tshisekedi sur RFI et France 24: «Je ne pense pas que je suis une marionnette»

Le président congolais Félix Tshisekedi, samedi 29 juin.
© France24-RFI

Le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi a accordé, samedi 29 juin à Lubumbashi, une interview exclusive à RFI et France 24. Il s'exprime sur son élection controversée, la formation de son gouvernement, ses relations avec Joseph Kabila ou encore le rôle de la Monusco.

Propos recueillis par Christophe Boisbouvier (RFI) et Marc Perelman (France 24).

L'intégralité de l'entretien avec Félix Tshisekedi
29-06-2019

Marc Perelman : Monsieur le président, vous allez fêter le 30 juin l’anniversaire de l’indépendance dans l’Ituri, dans le Nord-Est. C’est une région où il y a eu de nombreux massacres, y compris très récemment. Plus de 160 personnes auraient été tuées depuis le début du mois. Mais plus largement, dans l’est du pays, des dizaines de groupes armés sèment le trouble depuis des années. Au-delà du symbole d’aller là-bas pour cette date si symbolique, que comptez-vous faire pour éradiquer ce fléau des groupes armés ?

Félix Tshisekedi : Tout d’abord, je préfère le terme « commémorer » plutôt que fêter, parce qu’il n’y a pas de raison de faire la fête pendant qu’un certain pan de la maison brûle. Donc, ici il y a lieu d’aller vers ces populations, de nos compatriotes qui sont en détresse pour le moment. Et le but est de les réconforter bien entendu, mais aussi de leur apporter des solutions. Et les solutions ici, je les vois à trois niveaux : il y a d’abord le renforcement des capacités de nos forces de sécurité et de défense ; ensuite il y a l’encouragement à avoir des dialogues intercommunautaires, parce qu’il y a des causes endogènes, exogènes à ce conflit ; puis, il y a cette diplomatie régionale que j’ai entamée depuis mon accession au pouvoir pour régler la question au niveau régional, parce qu’il y aussi des implications régionales dans ces conflits dans mon pays.

Christophe Boisbouvier : En avril et à nouveau ces derniers jours, l’Organisation de l’État islamique en Afrique centrale a revendiqué des attaques dans la région de Béni. Confirmez-vous que Daech opère sur le territoire congolais ? Et avez-vous obtenu de la part des Américains lors de votre visite à Washington, du 3 au 5 avril, un soutien opérationnel ?

En tout cas, selon les renseignements en notre possession, les ADF [Allied Democratic Forces, Forces démocratiques alliées] se sont inscrites dans cette logique terroriste prônée par l’État islamique. Donc, oui, je confirme que les ADF sont un mouvement terroriste, islamiste, dangereux, dangereux à la fois pour nous, pour les Congolais, mais également pour toute la région, parce qu’il y a comme une sorte de syndicat du crime, du terrorisme, avec les Shebabs et Boko Haram qui ne sont pas loin. Cela est clair et nous avons l’appui des États-Unis là-dessus, mais pas seulement de toutes les autres nations qui forment l’organisation internationale contre le terrorisme. Le Congo en fait partie depuis mon passage à Washington parce que j’avais demandé évidemment la solidarité de toutes ces nations qui font face au terrorisme.

C. B. : Il y a des Américains au Congo aujourd’hui pour aider les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) ?

Cela n’est pas une question à laquelle je pourrai répondre. Mais ce qui est vrai, c’est que j’ai le soutien des États-Unis et de toutes les nations qui sont contre le terrorisme, qui se battent contre le terrorisme.

M. P. : Alors vous avez parlé de l’importance de la coopération régionale pour combattre évidemment le terrorisme, mais aussi ces nombreux groupes armés. Il y en a plus de 70 d’après l’ONU rien que dans l’Est. Il y a un pays important dans ce cas-là, c’est le Rwanda. Le président Paul Kagame est venu aux funérailles de votre père. Une question se pose : y a-t-il déjà des troupes rwandaises qui opèrent sur le sol congolais avec les forces nationales pour lutter contre ces forces armées ?

Ah ça non, je ne crois pas que nous ayons besoin d’en arriver là. Je ne pense pas. Mais en revanche, il y a une très bonne entente que ce soit avec le Rwanda ou avec l’Ouganda, le Burundi. Bref, avec tous les voisins. Donc, c’est pour cela que j’ai, dès mon accession aux affaires de l’État, entamé cette tournée régionale ou ces tournées régionales, parce que j’en ai fait plusieurs. C’est dans le but d’établir une coopération entre ces pays et nous, pour évidemment unir nos efforts, nos intelligences, nos capacités afin d’éradiquer tout cela. Parce qu’il y a à la fois des groupes armés locaux au Congo, mais aussi étrangers qui menacent la sécurité de ces pays. Donc, nous devons travailler de concert pour éradiquer tout cela.

M. P.: Donc, Paul Kagame est un partenaire fiable à vos yeux ?

Ah oui, absolument. Et nécessaire. Paul Kagame, Yoweri Museveni, Pierre Nkurunziza et bien d’autres sont des partenaires essentiels pour la paix et la sécurité dans la région.

C. B. : Ce dimanche 30 juin, l’opposition veut organiser une manifestation à Kinshasa. Le gouverneur de la ville l’interdit, mais l’opposition la maintient au nom du droit constitutionnel à manifester. Approuvez-vous cette interdiction du gouverneur et faut-il craindre une répression brutale comme au temps de votre prédécesseur ?

Bien sûr que j’accepte, je suis d’accord avec cette interdiction, parce que souvenez-vous il y a quelques jours, il y a une manifestation qui a été autorisée et elle a donné lieu à des débordements. Depuis que je suis là d’ailleurs, je n’ai interdit aucune manifestation. Les droits et les libertés des citoyens sont garantis, mais nous avons comme l’impression qu’il y en a qui confondent démocratie et anarchie. On ne peut pas, alors qu’on a l’autorisation de manifester, faire des débordements, s'en prendre à de paisibles citoyens ou à du mobilier urbain. Ce sont des choses inacceptables.

C. B. : Il ne faut pas craindre une répression brutale ?

Il n’y aura pas de répression. Les forces de sécurité sont formées pour maintenir la paix. Il n’y aura pas de répression.

M. P.: Cette marche de dimanche se veut une protestation contre l’invalidation par la Cour constitutionnelle de l’élection de plus de 20 députés de l’opposition au profit essentiellement de candidats de la majorité. Vous avez reçu le président de la Cour constitutionnelle, Benoît Lwamba Bindu. Il y a peu, vous lui avez demandé de réexaminer cette décision. Il semblerait que certains pourraient être repêchés, mais pourquoi pas tous ?

D’abord, j’aimerais dire ici que je ne dois pas m’immiscer dans la justice, dans le fonctionnement de la justice. La justice doit être indépendante et ne doit pas subir de pression. Lorsque j’ai reçu le président de la Cour constitutionnelle, c’était pour en savoir plus sur ces arrêts qui étaient pour certains scandaleux. Et j’ai eu les explications qu’il fallait. Je lui ai fait part de ma façon de voir les choses parce que, après tout je suis aussi un citoyen, et j’ai eu la réponse qu’il fallait, c’est-à-dire il y a au sein même de la Cour constitutionnelle une procédure en réparation d’erreurs matérielles, comme ils disent.

C. B. : Donc, certaines de ces invalidations vous paraissent « scandaleuses » ?

Oui. Il y a eu des choses inacceptables.

C. B. : Alors certains y voient une manœuvre du camp du Front commun pour le Congo (FCC) de Joseph Kabila pour vous affaiblir. Et votre ancien camarade de l’opposition, adversaire malheureux le 30 décembre 2018, Martin Fayulu, dit même que vous êtes devenu « une marionnette » de Joseph Kabila ?

Vous savez, en politique lorsque vous avez un certain statut, et c’est le cas avec moi, je suis président de la République, je dois accepter les bons points comme les mauvais points. Monsieur Fayulu a le droit de s’exprimer à partir du moment où il ne diffame pas, il a le droit de s’exprimer. Nous sommes en démocratie, en tout cas nous essayons de l’être. Moi, je ne pense pas que je suis une « marionnette ». J’ai privilégié, ça il faut le dire, la stabilité de l’État. Nous sommes dans une alternance qui s’est historiquement bien déroulée. Je crois qu’il faut préserver la paix et la stabilité du pays. Et c’est peut-être ça qui fait dire à certains que je suis une « marionnette », parce qu’ils espéraient peut-être qu’il y ait du sang, qu’il y ait de la violence comme nous avons toujours été habitués depuis nos années d’indépendance. Mais cette fois-ci, mal leur en a pris parce qu’il n’y aura pas de sang, il n’y aura pas de violences. Les choses devront se passer normalement. Et voilà, tout ce que je peux dire.

M. P. : À l’origine de ces tensions, il y a évidemment le scrutin présidentiel controversé. Certes, la Cour constitutionnelle vous a proclamé vainqueur. Mais la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), fort de ses 40 000 observateurs, ainsi que des données attribuées à la Commission électorale nationale indépendante (Céni) elle-même, ont donné Martin Fayulu largement vainqueur. Est-ce que vous comprenez que du coup, la proclamation de votre victoire soit toujours si controversée ?

Je ne le comprends pas. D’abord, parce que ce que vous dites de la Cenco n’est pas vrai. La Cenco n’a jamais démontré ce qu’elle a avancé. Il y a eu prétendument…

M. P. : Elle a donc menti ?

Il faudrait lui poser la question… Il y a eu prétendument 44 000 observateurs de la Cenco, ce qui n’est pas vrai, puisque la Céni n’en a accrédité que 17 000. Et le jour même du scrutin, il y en avait 5 000, un peu plus de 5 000, qui avaient été répertoriés sur l’ensemble du territoire. Donc cela veut dire que les chiffres que la Cenco donne, si elle les a réellement donnés, sont sujet à caution. Ensuite, le candidat malheureux lui-même a eu mondialement l’occasion de démontrer qu’il avait raison, devant toutes les caméras du monde. Il n’a pas réussi à le faire. Pour moi, c’est passé. Aujourd’hui d’ailleurs, je suis en très bons termes avec les évêques de la Cenco et ils ne sont plus revenus sur cette affaire. Regardons devant, c’est le Congo qui m’importe et plus rien d’autre.

C. B. : Comment expliquez-vous que les procès-verbaux de vote du 30 décembre n’aient jamais été publiés par la Commission électorale alors que c’est pourtant la loi.

Ça, il faut demander à la Céni. Nous, nous avons nos propres PV, je vous l’ai dit. Nous les avons confrontés avec eux que certains observateurs avaient. Nous en tout cas, nous avions nos chiffres. Nous étions prêts à aller partout et nous avons été à la Cour constitutionnelle avec ces chiffres-là. Nous avions attendu le contraire, il n’y a pas eu. Maintenant, la Céni, c’est aussi une institution à part. Moi, je ne peux pas répondre des faits de la Céni, mais c’est vrai qu’il y a eu toutes ces irrégularités, qu’on les appelle comme ça ou pas, constatées. C’est pour cela que je dis qu’à l’avenir, pour éviter cela, nous allons maintenant lancer le recensement et l’indentification de la population. Cela nous mettrait à l’abri de ce genre d’erreurs regrettables.

C. B. : En tout cas, de nombreux pays africains, occidentaux ont émis de sérieux doutes sur la vérité des urnes. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a même parlé d’une « espèce de compromis à l’africaine »

Oui. Mais rappelez-vous en 2011, et même en 2006, où il y a eu deux guerres dans la ville de Kinshasa, on a eu droit aux mêmes contestations. La vie ne s’est pour autant pas arrêtée. Voilà. Ça veut dire qu’il y a quelque part une raison pour laquelle les résultats sont toujours controversés. Et pour moi, c’est à cause du recensement qui n’a jamais eu lieu dans ce pays et de l’identification de la population. C’est pour cela qu’à un certain moment, certains malins peuvent fabriquer des électeurs ou multiplier des électeurs en multipliant les enrôlements etc., mais ça, on compte l’éradiquer en passant par le recensement et l’identification de la population. Si non, nous retomberons toujours dans ce genre de contestations qui sont regrettables et qui amènent parfois des débordements.

M. P. : Je vais en venir à la situation actuelle, lors d’une visite en Angola en février, vous avez évoqué un accord politique entre le FCC de Joseph Kabila et votre coalition Cap pour le Changement (Cach). Y a-t-il un accord entre vous, on ne le connaît pas, écrit ou verbal ? Et qu’y a-t-il dans cet accord ?

Au départ, il y avait un accord verbal pour coaliser nos forces. Parce que la situation est inédite. On n’a jamais eu un président d’un autre bord politique et une majorité parlementaire différente. Et donc, ici on s’est dit : ok, l’idée est là ; on lève l’option de coaliser d’autant plus qu’idéologiquement, nous avons une même sensibilité, c’est-à-dire sociale-démocrate. Maintenant, il faut se mettre d’accord sur le programme du gouvernement, sur la formation même de ce gouvernement, des hommes et des femmes qui vont le composer. Et c’est tout cela que nous sommes en train de faire actuellement. Au lieu de la cohabitation qui aurait été assez, moi je pense dramatique pour notre pays, parce que jamais vécue, nous avons opté pour la coalition parce que, comme je le disais, nous avons une même approche idéologique. Donc ce serait beaucoup plus facile de coaliser nos forces. Le reste, cette spéculation qui prétend à dire qu’il y a eu des arrangements, qu’il y a eu des deals... Si deal il y a, il n'y a que ce deal de mettre nos forces ensemble, c’est tout. Et le reste sera écrit.

M. P. : Il est en train de l’être ?

Il sera écrit.

C. B. : Depuis votre élection, vous avez libéré plusieurs prisonniers politiques, comme un grand ami de votre père, Eugène Diomi Ndongala, libéré le 21 mars. Vous avez limogé le chef de l'Agence nationale des renseignements (ANR), les services secrets. Vous avez permis le retour de Moïse Katumbi qui, chacun sait, est l’ennemi intime de Joseph Kabila. Est-ce que cela a été difficile ? Est-ce que vous avez dû être très très persuasif avec votre prédécesseur ?

Non, mais nous sommes deux hommes d’État, donc on ne peut pas s’empêcher d’en parler. Mais il n’est pas là pour me faire de l’ombre. On en parle parce que, d’un côté j’ai besoin de ses expériences vécues dans certains domaines et, de l’autre, il a aussi besoin d’une certaine assurance aussi de ma part, au nom de la stabilité de la continuité de l’État. Donc, forcément, il faut qu’on échange.

M. P.: Il y a quand même des sujets qui fâchent entre le camp Kabila et le vôtre, et notamment les nominations aux postes clés : au poste de Premier ministre, vous avez refusé plusieurs personnalités, sans doute parce qu’elles étaient trop proches de lui, avant de donner votre accord pour Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Pour la direction de deux grandes sociétés d’État - la Générale des carrières et des mines (Gécamines) et la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC)- vous avez pris des ordonnances qui ont déclenché la colère du FCC de Joseph Kabila, même provoqué des affrontements entre vos partisans. Est-ce à dire que vous avez l’impression que, dans son camp, certains aimeraient que vous soyez un petit peu l’équivalent de la Reine d’Angleterre ?

(rires) Bonne question. En fait, vous devez savoir que c’est très difficile de changer certaines habitudes ancrées en certaines personnes. Mais moi, je reste serein parce que j’ai un cap que je me suis fixé : je veux le changement, le changement, mais alors radical en mettant fin aux mauvaises habitudes telles que la corruption, telles que l’impunité. Et ça je suis déterminé. Il n’y a rien qui m’empêchera de le faire. Et soyez-en sûr, mon prédécesseur ne m’empêche pas de le faire, contrairement à ce que certains pensent. Donc voilà, il n’y a pas de soucis de ce côté-là.

C. B. : Depuis cinq semaines, vous avez donc un Premier ministre, c’est Sylvestre Ilunga Ilunkamba. Mais vous n’avez toujours pas de gouvernement alors qu’on va arriver à bientôt six mois de présidence. Quand celui-ci sera-t-il formé ? Est-ce qu’il le sera avant la fin programmée de la session extraordinaire du Parlement, c’est-à-dire avant la mi-juillet ?

D’abord, ce que j’aimerais dire, c’est qu’on arrête une bonne fois pour toutes de stigmatiser le Congo comme si nous étions le seul pays au monde où il y a eu plusieurs semaines sans gouvernement. Je vous rappelle que même dans des pays à tradition démocratique, comme la Belgique que je connais très bien, ou l’Allemagne par exemple où il y a eu des mois et des mois sans gouvernement. Donc ce n’est pas du tout un cas unique au Congo. Ensuite, je vous dirais que ce qui se passe, c’est simplement le fait, comme je vous ai dit, de certaines habitudes qui s’étaient installées, et de certains réflexes que les uns et les autres ont gardés. Mais l’essentiel est d’avancer et nous avançons. Nous avançons vers le dénouement. Il y aura bientôt un gouvernement. À quel moment exactement ? Je ne sais pas parce que ces discussions, c’est vraiment poste pour poste, individu sur individu… Ça avance à petits pas. Mais l’essentiel est d’aller vers l’objectif. Et je suis sûr que nous atteindrons cet objectif.

C. B. : Mais vous savez ce que disent tous les Congolais : le camp de Joseph Kabila réclame pour les ministres le même ratio que pour les députés, c’est-à-dire 80% des postes, alors que vous, vous dites, je suis le président, je revendique la moitié ?

Ce ne sera pas 80%, ce ne sera pas la moitié non plus.

C. B. : Ce sera entre les deux ?

Entre les deux.

M. P.: Alors exigez-vous les ministères régaliens, c’est-à-dire l’Intérieur, la Défense, la Justice… pour vous ?

C’est normal, non ?

M. P.: Et ça, c’est acquis ? Vous l’avez obtenu ?

Lorsque vous dites « pour moi », c’est-à-dire je dois avoir un droit de regard et de désignation, oui.

M. P.: Mais ça ne veut pas dire, pour votre parti ?

Mais, non, puisque maintenant nous allons coaliser nos forces. Donc, ça veut dire que nous serons d’une même famille politique grosso modo. Et donc, que ce soit l’un ou l’autre, peu importe, l’essentiel étant qu’il soit choisi par le président. Le président de la République est le garant de la nation et de son bon fonctionnement, et donc je dois avoir des appréhensions positives sur les animateurs de ces ministères régaliens. C’est clair.

M. P.: Très brièvement, là vous vous êtes mis d’accord sur la répartition des postes, mais c’est les noms qui manquent là ?

Entre autres.

C. B. : L’ancien secrétaire d’État américain, Herman Cohen, estime que votre mariage avec Joseph Kabila ne durera pas plus d’un an. Est-ce que c’est envisageable ? Est-ce que si la situation est bloquée, vous seriez prêt à dissoudre l’Assemblée l’année prochaine, comme la Constitution vous en donnera le droit ?

Nous n’en sommes pas encore là et ne soyons pas les prophètes de malheur. Moi, je souhaite tout le bien possible à mon pays et ce scénario, je ne l’envisage pas du tout parce que je crois que nous sommes entre compatriotes, et nous voulons le bien de nos compatriotes, de notre peuple. Et quand on est dans un état d’esprit comme celui-là, on ne pense pas à ces scénarios catastrophes.

M. P. : On a parlé de la situation sécuritaire tendue. La Force des Nations unies, la Monusco, semble souvent impuissante. Votre prédécesseur avait clairement demandé son départ. Êtes-vous du même avis ?

Je ne sais pas s’il avait demandé son départ…

M. P.: Il l’avait demandé, exigé…

Il y a eu des tensions à certains moments avec la Monusco et donc peut-être que dans un élan… Ça peut m’arriver peut-être aussi. Ici pour le moment, nous avons besoin de la Monusco et surtout besoin dans les zones à problèmes. À Kinshasa, par exemple, ou ici à Lubumbashi, on n’en voit pas vraiment la nécessité. Mais par rapport à ce qui se passe à l’Est, par moment - et je vous ai dit, je vous ai parlé de renforcement des capacités de nos forces de sécurité et de défense - la Monusco est un partenaire essentiel, comme la Brigade d’intervention composée de la Tanzanie, de l’Afrique du Sud et du Malawi. En ce moment, nous avons besoin d’appui par rapport à nos capacités de défense et la Monusco est nécessaire. Oui.

C. B. : Quand vous les voyez, vos homologues, le Rwandais Paul Kagame et l’Angolais João Lourenço vous conseillent d’être « pleinement » président. Est-ce que vous êtes « pleinement » président ?

Je suis « pleinement » président.

C. B. : Vous savez que tout le monde n’en est pas persuadé ?

Ce n’est pas votre dernière question alors.

C. B. : (rires) C’était une petite relance.

Je suis « pleinement » président.

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