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Soudan

Soudan: le conseil militaire de transition rogne sur des points d'accord signés

Le lieutenant général Mohamed Hamdan Dagalo, chef du conseil militaire, arrive à un meeting au village d'Aprag, le 22 juin 2019.
© REUTERS/Umit Bektas

Le conseil militaire transitoire au Soudan continu à souffler le chaud et le froid. Il empiète une nouvelle fois sur plusieurs points des accords déjà signés et veut recommencer les négociations. Après avoir déclaré dimanche qu’il a répondu à la médiation conjointe Éthiopie-Union africaine, le voilà qui réclame d'occuper d'une manière permanente la présidence du futur conseil souverain. Selon les accords et l'initiative commune, le conseil souverain devait être composé de 15 membres, 7 civils de l'opposition, 7 militaires et une personnalité civile neutre. Quant à la présidence de ce conseil souverain, elle sera tournante.

Pour le conseil militaire de transition, il reste des ajustements à faire. Point d'achoppement de cette médiation : la question de la présidence du conseil souverain. Alors que l'Union africaine et l'Éthiopie proposent une présidence tournante, proposition validée par l'opposition, le CMT la veut permanente.

Autre point de discorde : la durée de la période de transition avant l'organisation d'élections. Selon la médiation, cette période doit être de trois ans. Le conseil militaire n'en propose que deux.

« Nous avons transmis notre point de vue à la médiation », indique un communiqué du CMT, paru ce lundi, précisant qu'il s'agit « d'idées pour des négociations futures ».

Non, réplique l'opposition qui rejette toute possibilité de nouvelles négociations sur ces points, précisant : « c'est à prendre ou à laisser. »

« Le conseil militaire continue son business habituel de négociations : accepter, refuser, d'accord, pas d'accord. Il a dit qu'il acceptait la proposition de la médiation conjointe comme une base de négociations, et ça pour nous ce n'est pas acceptable du tout parce que c'est une proposition complète envoyée par les deux médiataires aux deux parties pour accepter ou refuser, estime Rashid Said, un porte-parole des Forces pour la liberté et le changement. En tant que force de liberté et de changement, on a accepté malgré les réserves qu'on a sur un certain nombre de points. C'est au conseil militaire aujourd'hui d'accepter ou de refuser. Considérer que la proposition conjointe représente une base de négociations, c'est un moyen pour le conseil militaire de gagner du temps, de revenir encore sur son accord qu'il avait donné à la médiation conjointe et je pense que par cette attitude, le conseil militaire veut mettre fin à cette médiation conjointe. »

La réaction intervient au lendemain de nouvelles manifestations massives réprimées dans plusieurs villes du Soudan. La contestation appelle à la désobéissance civile le 14 juillet.

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