Cacao: vers un prix plancher à 2600 dollars la tonne

Le directeur général du conseil café cacao ivoirien Yves Koné aux cotés de son homologue ghanéen Joseph Aidoo lors d'une réunion à Abidjan, Côte d'Ivoire, le 3 juillet 2019.
© RFI/Pierre Pinto

Un peu plus de trois semaines après leur ultimatum sur le prix du cacao, la Côte d'Ivoire et le Ghana réunissent aujourd’hui les opérateurs de la filière à Abidjan. 

Chose étonnante, les débats se sont ouverts sur une prière à la demande du modérateur, pour remercier Dieu d’être arrivé jusqu’à ce stade. Faut-il y voir un signe de l’âpreté des discussions à venir ? Les heures qui viennent le diront.

En tout cas en façade, que ce soient les industriels, les négociants ou les autorités, tout le monde s’accorde à dire qu’il faut trouver un moyen de mieux rémunérer les producteurs. Ceux « qui vivent dans l’extrême pauvreté », selon les termes du directeur général du Conseil café cacao ivoirien Yves Brahima Koné, présent aux côtés de son homologue ghanéen Joseph Aidoo.

« Nous sommes tous d’accord qu’il est nécessaire d’apporter des réponses à la pauvreté de nos planteurs. Quand nous parlons de prix plancher, de la modération des revenus du producteur, il faut inscrire ce que nous souhaitons pour les planteurs dans le cadre de la durabilité de la cacaoculture. [...] Je sais qu’il y a des questions que les différents partenaires aimeraient que l’on discute. Je pense au travail des enfants, à la déforestation. Ce n’est pas à l’ordre du jour aujourd’hui, mais ce sont des questions qui nous préoccupent », a développé Yves Brahima Koné.

« Ça ne va pas être simple »

Face à eux, pas de représentants des producteurs, mais des grands groupes comme Cémoi, Olam, Mars, Barry Callebaut, Mondelez ou Sucden, mais aussi de grands négociants. Tous vont discuter des moyens d’articuler ce prix plancher avec les cours mondiaux, même si ce prix est renégocié chaque année. Objectif : compenser les fluctuations monétaires entre la livre britannique, l'euro et le dollar. Attention aussi à l’effet d’appel d’air. Comment faire en sorte que l’augmentation du revenu des planteurs ne provoque pas une augmentation de la production ? Tout s’annonce compliqué.

« Le secteur du chocolat a besoin de changement », expliquait à RFI un grand chocolatier avant la réunion, qui affirmait que la priorité de son groupe était de donner au producteur l’envie et la possibilité de continuer à produire. « Donc on soutient l’augmentation des revenus au planteur. » Puis il est entré dans la salle en confiant : « Ça ne va pas être simple, tout est ouvert ».

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