Procès du putsch manqué au Burkina: «Je n'ai fait qu'obéir aux ordres»

L'ancien chef de la diplomatie burkinabè Djibril Basolé aux côtés de Gilbert Dienderé (au centre), ex-chef de la sécurité présidentielle et dirigeant du putsch manqué de septembre 2015, à la Haute Cour de justice de Ouagadougou, le 17 avril 2017.
© AHMED OUOBA / AFP

Au Burkina Faso, les demandes d’acquittement se poursuivent au tribunal militaire de Ouagadougou. Depuis seize mois, 84 accusés comparaissent dans le procès du coup d’État maqué de septembre 2015.

Le soldat de première classe Samuel Coulibaly est-il coupable ? Pour Maître Maria Kanyili, son client s'est retrouvé dans le box des accusés suite à des confusions du parquet militaire, qui a requis 25 ans de prison ferme contre lui.

« Nulle part, a martelé l'avocate, on ne l’a vu disperser une manifestation, ni effectuer des tirs. » Selon Me Kanyili, Samuel Coulibaly s'est contenté de conduire le sergent-chef Ali Sanou et son équipe à Zorgho. « Conduire n’est pas une infraction », a-t-elle lancé.

Pour rappel, c’est dans la ville de Zorgho qu’une station de radio avait été incendiée par des soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle (RSP) durant le coup d’État manqué de septembre 2015. Les membres du gouvernement de transition, après la chute de Blaise Compaoré, avaient été arrêtés et séquestrés par un groupe de sous–officiers de l’ex-garde présidentielle. Le général Gilbert Dienderé, ancien bras droit de Compaoré, avait été désigné pour diriger un « Conseil national de la démocratie ». Mais la mobilisation des autres soldats et les populations avaient fini par faire échec au coup d’État.

« Ne faites pas porter le fardeau des coupables à des innocents », a lancé Me Maria Kanyili au tribunal avant la fin de sa plaidoirie. Ce fut ensuite au tour de Me Pascal Ouedraogo de demander également l’acquittement pour ses clients. Selon l’avocat, le caporal Pascal Moukoro a été intercepté et embarqué dans le coup d’État par des soldats plus hauts gradés. « On lui a même fait porter la tenue et les chaussures d’un autre soldat », souligne Me Ouedraogo.

Quant à l’accusé, il a imploré l’indulgence du tribunal. « Je ne suis qu’un simple soldat qui a obéi aux ordres, s'est défendu Pascal Moukoro. Je n’ai jamais eu l’intention de faire un coup. »

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